L'O N L honoré

L’Orchestre National de Lorraine justement honoré

 

D’année en année, l’Orchestre National de Loraine et son directeur musical, Jacques Mercier, nous gratifient de moments de musique exceptionnels, aussi bien sur le plateau de l’Arsenal que dans la fosse de l’Opéra-Théâtre. Comment oublier, en effet, depuis plus d’une décennie, ces Sibelius, Janáček, Chostakovitch, ce Nevski de Prokofiev, cette Vida breve de Manuel de Falla en concert en 2004 et sur scène en 2014, ce Requiem de Verdi en juin dernier…pour ne citer que quelques événements particulièrement marquant ? La discographie de l’orchestre nous entraine vers des sommets comparables. Plutôt que d’enregistrer la énième version des Symphonies de Brahms ou du Premier Concerto de Tchaïkovski, Jacques Mercier et ses musiciens ont fait le choix de graver des œuvres inédites du répertoire français, avec le soutien de l’excellent label Timpani et, plus récemment, du Palazzetto Bru Zane, cet institut vénitien qui s’est donné pour mission de promouvoir la musique romantique française. A cet égard, l’année 2014 est à marquer d’une pierre blanche avec deux publications particulièrement distinguées par la critique et consacrées, respectivement à Théodore Gouvy et à Florent Schmitt.

Cd gouvy

Que Théodore Gouvy, compositeur franco-allemand né à Hombourg-Haut en 1819, soit familier de l’orchestre et de son chef n’est pas pour nous surprendre. On se souvient du succès remporté, il y a plus de vingt ans, par l’enregistrement de son Requiem, Jacques Houtmann dirigeant alors le « Philharmonique de Lorraine ». Quant à ses Six Symphonies, elles ont fait l’objet d’une intégrale gravée par le label allemand CPO sous la direction de Jacques Mercier, lui-même, à la tête de l'Orchestre Deutsche Radio Philharmonie de Sarrebrück-Kaiszerslautern. Dans un superbe livre-disque particulièrement bien documenté, le Palazzetto Bru Zane nous propose un panel d’œuvres diverses du  compositeur mosellan par différents interprètes. L’ONL et son chef nous livrent dans cet ensemble  trois Ouvertures de concert gravées dans la grande salle de l’Arsenal en juillet 2013 : Le Ciaour, d’après Byron, Jeanne d’Arc, d’après Schiller et Le FestivalOn aura une juste idée de cette excellente contribution avec Jeanne d’Arc.

Théodor Gouvy, Jeanne d’Arc, Ouverture

Quant à Florent Schmitt, autre compositeur lorrain né à Blamont en 1878 et décédé à Neuilly en 1958, il estt une des priorités de Jacques Mercier depuis ces années passées à la tête de l’Orchestre National d’Ile de France et ses premiers enregistrements pour RCA. Florent Schmitt est un compositeur injustement oublié et nous ne reviendrons pas sur une récente et injuste mise en cause de son attitude sous l’occupation débouchant sur le retrait de son patronyme dans un collège de Saint-Germain-en-Laye. Contemporain de Debussy et, surtout, de Ravel,  le compositeur a su, à la fois, assumer l’héritage de l’impressionnisme français et le flamboiement orchestral de l’école russe si bien illustré par Rimski-Korsakov.

 

Schmitt le petit elfe ferme l oeil introit recit

Mis en valeur par les excellentes prises de son des ingénieurs de Timpani -et par l’acoustique de l’Arsenal, toujours en juillet 2013- les musiciens de l’ONL et leur chef se couvrent de gloire en nous faisant découvrir Le Petit Elfe ferme-l’œil, ballet inspiré par un conte d’Andersen et créé à l’Opéra-comique en 1924 sous la direction d’Albert Wolf. Ce superbe CD est complété par Introït, Récit et Congé, pièce concertante pour violoncelle et orchestre avec Henri Demarquette comme soliste. Cet enregistrement est d’un niveau exceptionnel, au double plan artistique et technique, que ce soit sur le support traditionnel du CD ou en Haute Définition par téléchargement sur les plateformes spécialisées. On comprend qu’il ait été primé, simultanément par  un Choc de l’année de la revue Classica aussi bien que par un Diapason d’Or de l’année : ces deux distinctions ont été solennellement attribuées lors de cérémonies organisées à Radio-France et à la salle Pleyel, les 24 novembre et 2 décembre 2014.

Deux extraits du Petit Elfe :

La Fête nationale des souris

La Promenade à travers le tableau (soliste : Aline Martin, mezzo-soprano)

Ce CD succède, sous le même label, à un précédent Florent Schmitt qui comprenait, notamment, Antoine et Cléopâtre ; et à un Gabriel Pierné, avec la révélation de L’An Mil. Des gravures déjà récompensées par un Diaapson d’or ! Souhaitons longue vie à cette collaboration exemplaire qui associe l'Orchestre National de Lorraine et Timpani.  Avec nos voeux et nos encouragements au seuil de cette nouvelel année 2015, exprimons notre pleine reconnaissance à tous les membres de l’Orchestre et leur Directeur musical.

Jean-Pierre Pister