Small Talks

T H É A T R E 

 Samedi 27 Septembre à 16H

 

Théâtre: Autour de Small Talks de Carole Fréchette

 

16H – 17H : Conférence de présentation de l'œuvre de Carole Fréchette

Par B.Algranti-Fildier Psychiatre. Membre du C.L.M 

17H – 17H30: rencontre avec la production de Small Talks 

 

Foyer Ambroise-Thomas de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Entrée libre

 

Les 3 et 4 Octobre prochains la nouvelle pièce de Carole Fréchette, un auteur canadien très connue dans son pays  -dont vous trouverez ci-après le parcours littéraire – fera escale pour deux représentations à l’Opéra Théâtre de Metz Métropole. Sa nouvelle pièce a été crée en exclusivité mondiale au Théâtre du Peuple à Bussang lors de la dernière saison d’été. Il s’agit de « Small Talk » Une conférence organisée par le Cercle Lyrique de Metz sera  prononcée par le Dr Brigitte Algranti-Fildier le Samedi 27 Septembre à 16H au Théâtre. Elle vous permettra de mieux connaître l’auteur et sa pièce qui est, selon l’oratrice, « d’une grande puissance émotionnelle ».

Ecoutons un peu la conférencière qui parle de l’oeuvre :

« Au début, nous avançons avec la narratrice qui nous y fait pénétrer et nous y accompagne avec une pointe d’ironie tout d’abord puis avec une émotion qui monte doucement avec celle de la pièce, dans un univers très contemporain, austère, laid, pauvre financièrement comme humainement, l’univers des zones industrielles, des rues désertes et des abribus désolés, de ce que dans certains lieux on nomme « le monde d’en bas ».

Tout et chacun y apparaît sombre, désert, vétuste, distant et irrémédiablement solitaire. C’est le monde invisible, celui des sans voix, des petits employés incolores, des « petites gens » qui s’abrutissent devant la télé après leur journée de travail insipide, pour repartir le lendemain sans jamais décoller de leur réalité quotidienne. »

Mais voyons un peu le détail de l’histoire.

Elle s’appelle Justine. Elle a vingt-cinq ans. Une fille normale, en apparence. Mais elle a un problème étrange qui empoisonne sa vie : elle ne sait pas faire la conversation. Faire comme dans construire, fabriquer, créer. Elle ne sait pas fabriquer des échanges avec les autres.  Ne sait pas poser des questions simples -  comment vont les enfants ? As-tu vu le match à la télé ? -, parler de tout et de rien, comme on dit. Ce que les anglo-saxons appellent small talk. Elle ne sait pas amorcer une conversation, encore moins l’alimenter, la relancer, la conclure. Le small talk est sa bête noire, son calvaire, son agonie. Elle a des choses à dire pourtant. Toute seule dans son salon, le soir, elle déverse ses idées sur la vie dans de longs soliloques qui la soulagent tout en lui laissant un goût amer. Elle ignore d’où lui vient ce mal, mais elle sait qu’elle n’en peut plus de la solitude où l’enferme sa drôle de paralysie.  Elle veut de toutes ses forces s’intégrer, faire partie du monde.

Alors elle décide de changer.  Avec les conseils de l’experte en échange conversationnel trouvée sur Internet, Justine part à la conquête du dialogue.  Son territoire d’expérimentation: ses collègues de travail, sa voisine de palier, une ancienne camarade de classe, mais aussi sa mère - parleuse compulsive devenue aphasique à la suite d’un accident -, son père taciturne,  sa  belle-mère muette, sa belle-sœur exaltée, son frère Charlie, tombé dans le small talk quand il était bébé, véritable prince de la conversation. La pièce raconte le parcours de Justine, ses audaces, ses échecs, ses découragements, ses rechutes, jusqu’à la tension extrême, l’humiliation suprême. En parallèle, un jeune homme, Timothée, suit sa propre trajectoire désespérée. Leurs itinéraires finiront par se croiser, et alors, l’art de la conversation prendra un tout autre sens. On comprend donc assez facilement l’enracinement de cette pièce dans les problèmes et les questions qui traversent notre monde post moderne : comment communiquer et entrer en relation ? Comment être soi-même dans un monde où tout nous pousse à la conformité et à la ressemblance ? Carole Fréchette dit dans sa langue et avce ses propres mots ce qu’A.Souchon dans un autre registre d’écriture traduisait sous le terme «  d’ultra moderne solitude ».

Car c’est de solitude dont cette pièce parle mais elle l’aborde sous la forme du paradoxe. Comment est-il possible d’être seul dans une société où l’on peut se connecter à de multiples réseaux, appartenir à des groupes et exposer sa vie dans des shows de télé-réalité où un animateur habile extorque les confidences et les moments d’émotion. Mais l’originalité de la pièce de Carole Fréchette ne réside pas simplement dans la description réussie d’une société malade de ses liens ; elle montre aussi comment ces difficultés se répercutent au sein même de la famille et des relations que ses membres entretiennnet entre eux dans une écriture théâtrale où se mêlent drame et rire, désespoir et humour, amour et haine.

 

Jean-Pierre Vidit,   Président du Cercle Lyrique de Metz