Sybaris au Théâtre

Concert de rentrée de Sybaris – 28 septembre 2015

 

La jeune association SYBARIS, fondée en septembre 2011 par Philippe Cossalter, son président actuel, organisait, le 28 septembre 2014, son concert d’ouverture pour la saison 2014 / 2015. Il se tenait dans le hall d’entrée de l’Opéra-Théâtre de Metz, aménagé à cet effet. Il s’agissait d’un programme généreux, composé d’airs d’opéras et d’opérettes, de mélodies ou de pièces instrumentales, qui permettait d’apprécier de jeunes artistes, chanteurs ou instrumentistes qui sont également des professeurs et qui se sont donné pour mission de partager leur passion de la musique classique avec un large public. Nicolas Marzinotto, directeur artistique de Sybaris, accompagnait au piano tous les intervenants avec une belle maestria. La performance est à saluer au regard de la durée du spectacle et de la variété des genres abordés.

La séance commençait logiquement par un prologue, celui de I Pagliacci, chanté par le baryton Régis Mingus, formé au sein des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et au CNR de Metz. Il se partage entre opéra (notamment à Metz), opérette et récitals. La voix bien timbrée, aux riches harmoniques, est à l’aise dans le registre aigu de sa tessiture, ce qui lui permet de passer avec aisance de Leoncavallo aux Nozze di Figaro. Dans la première scène de cet opéra de Mozart, il a pour partenaire Agathe Zenier, soprano également issue du conservatoire de Metz. Elle passera avec aisance de la spirituelle Susanna à la plus sentimentale Giuditta de Franz Lehár et fera preuve de virtuosité dans La Danza de Rossini. Aline Maalouf a tout le charme de son pays natal, le Liban où elle a accompli sa formation musicale avant de la parachever à Paris et à Lyon. Elle est actuellement Artiste de Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole. Elle a donné un échantillon très varié de ses possibilités en passant du Bel canto (I Capuletti e i Montecchi, de Bellini), à l’opérette de l’Irlandais Victor Herbert, The Enchantress, 1911, à un chant mystique de Samuel Barber, Sure on this shining night, en passant par deux pièces vocales de Verdi, Deh, pietoso, oh Addolorata et Stornello, et une mélodie du compositeur américain Jake Heggie. Répertoire dont on ne peut dire qu’il soit rebattu en France.

La deuxième partie du concert faisait une place plus grande aux instrumentistes, toujours accompagnés par le piano de Nicolas Marzinotto : le clarinettiste Julien Pauly (trois pièces du Cubain Paquito D’Rivera, installé aux Etats-Unis) ; Aline Kenk à la flûte traversière (Oblivion d’Astor Piazzola), la violoniste Andréa Garnier, (le célébrissime Tango Jalousie du Danois Jacob Gade). La dernière partie faisait la part belle à la Russie avec trois extraits des Fünf Stücke de Shostakovich (Stéphanie Grevedon et Andréa Garnier, violonistes), et l’Ouverture sur des thèmes Hébraïques de Prokofiev qui permettait à l’altiste Aurélie Entringer et au violoncelliste Vincent Gérin de rejoindre le pianiste, les violonistes, l’altiste, le clarinettiste déjà cités. Tous ont des liens avec la Lorraine, soit par leur formation, dans les conservatoires de Metz ou de Nancy, leur appartenance à l’Orchestre National de Lorraine, au Philarmonique de Luxembourg, et à d’autres formations régionales.

Ce concert, aussi éclectique qu’agréable, offrait un plus au public : celui du plaisir communicatif des artistes à jouer ensemble. La séance se clôturait par un buffet qui permit aux spectateurs de discuter à bâtons rompus avec les acteurs de cette sympathique après-midi. Sybaris réussit sans contexte à rapprocher le public du répertoire dit classique.

Danielle Pister