Le décès de Daniel Vorms

DÉCÈS DE DANIEL VORMS

FONDATEUR ET PRÉSIDENT D’HONNEUR DU CERCLE LYRIQUE DE METZ

 

Le Cercle Lyrique de Metz est en deuil : son fondateur et président d’honneur Daniel Vorms est décédé au matin du mercredi 13 mars 2013, à la suite d’une longue et douloureuse maladie. Tous les membres du comité, tous les adhérents de l’association ainsi que tous les amis de l’art lyrique, déplorent la perte d’un passionné d’opéra et d’opérettes, qui a donné de sa personne pour en faire connaître et aimer à tous et par tous les moyens, leur vaste répertoire. Il en avait été récompensé par l’attribution de la croix de chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres. Et sa passion était parallèle à celle de sa profession de directeur d’agence bancaire.

 

 L'hommage du Républicain Lorrain (14 mars 2013)

Allocution du Président du CLM-Cimetière de Lessy 15 mars 2013

 

 

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Daniel Vorms, à droite, en compagnie de Patrick Thil, lors de la conférence de présentation du Voyage à Reims, le 30 mai 2009

 

Daniel Vorms avait pris goût au théâtre dès ses six ans. Elevé par ses grands-parents dont la seule distraction était de se rendre aux spectacles lyriques du dimanche après-midi, donnés dans cette vénérable institution de la Place de la Comédie, le petit Daniel était fasciné par les décors, les costumes et les mises en scène. Il admirait les changements à vue et faillit être lui-même artiste lyrique. Puis, plus tard, dans les années 1970, il avait remarqué que la fréquentation du théâtre de Metz diminuait. Il rencontra alors Jacques Griesemer, décorateur du théâtre et qui est devenu son ami, qui lui apprit tout de la  magie de la scène. Face à la situation en recul du théâtre, il décida alors de fonder le Cercle Lyrique de Metz. C’était en 1978. Parallèlement, il fut également le délégué régional de l’A.N.A.O.(Académie nationale des amis de l’opérette). Il fallait, disait-il, ramener le public sur le chemin du théâtre, remonter le niveau et faire venir à l’opéra les spectateurs qui n’assistaient plus qu’à l’opérette. C’est ainsi qu’il lança les voyages lyriques qui connaîtront un succès grandissant, à tel point que les amateurs d’opéras, adhérents du C.L.M. dont le chiffre grossissait chaque année, devaient s’inscrire sur des listes d’attente. C’était nouveau et prisé de tous. Puis, Daniel Vorms tissa un réseau relationnel auprès des directeurs de théâtre et des artistes lyriques qui lui permit d’acquérir les meilleures places dans les grandes maisons d’opéras, sans pour autant faire concurrence aux productions de Metz.

UNE ÈRE PROSPÈRE

Puis, le C.L.M. fit venir des groupes de spectateurs d’autres villes. Au bout de quelques années, son président décida d’éditer des programmes que l’on a appelé plaquettes. Le nombre d’adhérents ayant atteint les 500, leurs cotisations permirent de financer plusieurs opérations dont celle autour de l’opéra de Poulenc, « Dialogues des carmélites », avec Régine Crespin, tout en accueillant à Metz quelque trois cents personnes venues de France et de l’étranger. Georges Thill fut lui aussi parmi les artistes prestigieux invités par le C.L.M. Après les voyages ce furent les séjours de plusieurs jours dans les villes ayant les meilleurs théâtres lyriques. Leurs grands moments ? « Turandot » à la Scala de Milan dans les décors de Zeffirelli, « Othello » à l’Opéra Bastille avec Placido Domingo, « Don Carlos » à la Monnaie de Bruxelles, « Aïda » aux Chorégies d’Orange, deux déplacements au Metropolitan Opera de New-York. Daniel Vorms noua également des liens avec Hervé Malblanc, le fondateur du Festival international d’art lyrique de Fénétrange qui permit aux adhérents du C.L.M. d’entendre les plus grandes divas du moment dont Barbara Hendricks, Hildegarde Behrens. Par ailleurs, Daniel Vorms invitait aux conférences organisées par le C.L.M. sur les spectacles d’opéras donnés à Metz, des chanteurs qui les agrémentaient de leurs prestations, et des spécialistes qui les commentaient, dont le célèbre critique Sergio Segalini.

GRAND COLLECTIONNEUR DE DOCUMENTS DE THÉÂTRE

Il était, par ailleurs, un grand collectionneur de documents de théâtre : il possédait  tous les programmes du théâtre de Metz depuis l’après-guerre, ainsi que ceux d’autres théâtres. Il arrivait ainsi au chiffre de 10.000. Il conservait par ailleurs 4.000 ouvrages d’opéras, de même que des documents iconographiques portant sur des décors, des maquettes, des photos d’artistes lyriques qui permettaient d’illustrer les plaquettes rédigées soit par certains membres du comité du C.L.M. ou par des spécialistes extérieurs, dont Robert Pourvoyeur, lequel fut celui qui en écrivit le plus. Jacques Griesemer lui en avait également légués. Daniel Vorms déplorait que l’opérette soit progressivement abandonnée car « c’est une partie du patrimoine français qui disparait », disait-il. Tout en soulignant que c’est grâce à elle que son public est venu à l’opéra. Lorsque le Cercle Lyrique de Metz avait soutenu le Congrès national de l’A.N.A.O. (Académie nationale des Amis de l’Opérette), qui s’est tenu en 1982 au théâtre de Metz et dont il était alors le délégué régional, il en accueillit son président national qui était Gérard Calvi, lequel, déjà, exprimait sa crainte en disant que « le théâtre lyrique léger s’enfonçait dans une lente agonie ». C’est pourquoi Daniel Vorms a toujours souhaité que Metz défende les saisons d’opérettes réclamées par un nombreux public.

Il fut ainsi pendant quinze ans, président du C.L.M. qu’il avait créé, avait ensuite passé la main durant quelques années à Patrick Thil, avant de reprendre les rênes, jusqu’à ce qu’à la fin de l’année 2008, atteint déjà par la maladie, il abandonne sa tâche reprise par son successeur Georges Masson.

Daniel Vorms nous a quittés avec cet espoir de voir prospérer l’art lyrique sur la scène de l’Opéra-Théâtre de Metz qu’il affectionnait tant. Que ses vœux soient exaucés. Tout le comité du Cercle Lyrique de Metz présente à son épouse, Christiane, à ses enfants et à toute sa famille, ses sincères condoléances, et gardera le souvenir d’un homme d’action et de passion qu’il a toujours été.

 

Georges Masson, Président du C.L.M.