Risë Stevens (1913-2013)

La disparition d’une Carmen authentiquement new-yorkaise.

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La presse musicale, française et internationale, vient d’annoncer le décès de la cantatrice américaine Risë Stevens, disparue à la fin du mois de mars dernier, presque centenaire, puisque née au mois de juin 1913.

Risë Stevens fut, au cours des années 1940 et 50, la grande mezzo-soprano du Metropolitan Opera de New York et des grandes institutions lyriques américaines. Jeune débutante, elle était apparue à l’Opéra de Vienne et au festival de Glyndebourn, à la veille immédiate de la seconde guerre mondiale. Elle fut la grande Carmen new-yorkaise à l’époque où le MET était placé sous la direction de Rudolf Bing, avec comme partenaires, dans le rôle de Don José, des ténors de l’envergure de Jan Peerce et Richard Tucker. Elle fut aussi une inoubliable Dalila face aux Samson de Mario del Monaco. Elle incarna également les rôles d’Orphée de Gluck, de Chérubin dans Les Noces de Figaro, de Dorabella dans Così fan tutte, d’Octavian dans le Rosenkavalier. Elle fréquenta les différents studios d’Hollywood ainsi que ceux de plusieurs chaînes de la télévision américaine. Elle tourna en particulier, en 1944, avec Bing Crosby, la comédie musicale Going My Way.

La discographie disponible de la cantatrice est assez rare mais de grande qualité. On peut signaler, en particulier, de belles intégrales de Carmen sous la direction de Fritz Reiner, ce grand chef d’origine hongroise qui se couvrit de gloire à la tête du Chicago Symphony Orchestra. Ces deux enregistrements datent de 1951 et 1952, l’un en studio, l’autre à partir d’une représentation du mois de février 1952. Pour des raisons de clarté sonore, nous avons choisi un fragment de la version studio.

Carmen : « Habanera »

Risë Stevens grava également l’essentiel du rôle de Dalila, en particulier sous la direction du chef d’orchestre Léopold Stokowski.

Samson et Dalila : « Mon cœur s’ouvre à ta voix… »

Plus inattendu apparaît l’Orphée de Gluck, dans sa version italienne, enregistré à Rome, en juin 1957, sous la direction du grand chef français Pierre Monteux, pour le label RCA, selon la technique du living stéréo, alors naissante.

Orphée et Eurydice : « Che faro senza Euridice » (« J’ai perdu mon Eurydice »)

Enfin, gravé à Vienne en 1963, simultanément dans la langue originale allemande et dans la traduction anglaise, la partie du prince Orlovski dans La Chauve-souris de Johann Strauss : la cantatrice, alors cinquantenaire, s’en donne à cœur joie dans ce rôle de composition, traité ici dans le style d’une comédie musicale.

La Chauve-souris : « Chacun à son goût » (version en anglais)

Die Fledermaus : « Trinken Sie…chacun à son goût » (version en allemand)