Hommage à Georges Masson

Le poète disparu ou la musique retrouvée


Le jeudi 3 octobre 2013, à 20 Heures, une soirée-hommage était organisée au château de Courcelles à Montigny-lès-Metz, en honneur d’une personnalité de la vie culturelle messine, Georges Masson, membre de l’Académie nationale de Metz. Le mérite de cette soirée est d’avoir mis en lumière les talents moins connus du journaliste honoraire du Républicain Lorrain, dont il est toujours le critique musical : celles du violoniste, du compositeur et de l’écrivain. Colette Allègre proposait une lecture de larges extraits du roman, Le poète disparu ou Un violon vibrait dans le ciel, publié par Georges Masson en 2005, aux Éditions Serpenoise.

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C’est l’histoire de Lise qui, en mars 1985, découvre sur la liste des Français disparus au camp de Tambov, fournie par les autorités soviétiques au Quai d’Orsay, le nom du musicien-poète dont elle était tombée amoureuse quand elle était adolescente et qu’elle n’a jamais désespéré de retrouver vivant. Lise se met en quête pour connaître ce qu’ont été les derniers mois du jeune homme et ses sentiments à son égard. L’auteur reconstitue avec une précision érudite et une sensibilité remarquable, les années passées de la guerre, l’attente des proches qui suivit, entre espoir et désespoir. L’écriture révèle l’humanité profonde et généreuse de l’auteur, qualité devenue trop rare aujourd'hui.

Colette Allègre, femme de théâtre bien connue à Metz, sut communiquer au public, par sa lecture d’une simplicité vibrante, l’émotion des personnages. La voix de la lectrice épousait la prose limpide et musicale, dont la finesse des notations donne à ce récit pudique une force incontestable. La mélodie des mots trouva son écho dans les harmonies des pièces de violon jouées avec ferveur par Denis Clavier, super-soliste de l'Orchestre national de Lorraine. Elles s’intercalaient entre les pages lues et firent entendre Bach, mais aussi des compositions de Georges Masson lui-même. Les sonorités tantôt déchirantes comme la souffrance, tantôt mélancoliques comme un bonheur enfui, achevaient de captiver un public ému et comblé. Ce dernier manifesta chaleureusement, par ses applaudissements, sa gratitude aux trois acteurs de cette soirée.

Il est trop rare qu’une cité célèbre, de leur vivant, les êtres de talent qu’elle abrite, pour ne pas se réjouir de ce rendez-vous où se retrouvèrent les muses Clio (l’histoire), Melpomène (la tragédie) et Euterpe (la musique). Grâce en soit rendue aux initiateurs de cette soirée.

Danielle Pister