Impressions d'Italie

Couleurs et senteurs des paysages transalpins

 

Les (rares) concerts dominicaux de l’O.N.L. sont toujours fort appréciés d’autant que c’est Jacques Mercier qui en confectionne les menus thématiques et qui les présente au public. Cette fois, ils étaient deux à en commenter le contenu, ce qui n’était, semble-t-il, pas prévu au programme ! Le dénominateur commun de ce dernier résidait en chacun des extraits des quelque six œuvres de compositeurs différents (et indépendamment d’une ouverture) évoquant toutes les senteurs et les couleurs transalpines. Dès le « Napoli » puisé dans les Impressions d’Italie de Gustave Charpentier, le chef peint à fresques ce tableau vivant et coloré, l’orchestre brillant de tous ses cuivres avec, au centre, son joli solo de violoncelle. Des trois Escales de Jacques Ibert, si souventes fois jouées jadis, on lisait dans « Rome-Palerme » l’influence impressionniste de Debussy duquel on retrouvait les onduleux mouvements de vagues. Après ce vibrionnant Carnaval romain d’Hector Berlioz, on assista à une timide préfiguration de l’année Pierné dont ce sera le 150e anniversaire de la naissance à Metz l’an prochain, par le truchement du premier des trois volets des Paysages franciscains, Au jardin de Sainte Claire. Le chef en distilla, à travers ses gammes modales, la vie monacale et sereine et les subtils parfums floraux de l’ouvrage s’écoulant comme un prolongement symphonique de son oratorio Saint François d’Assise composé huit ans auparavant en 1912.

L’orchestre poursuivit ces voyages péninsulaires avec toute la pétulance de ses pupitres, Jacques Mercier saltarellisant à l’envi, ce final bienheureux de la Symphonie italienne de Mendelssohn. Changement de style et de climat ensuite avec cet extrait du ballet Pulcinella de Stravinsky, haut en coloris et d’un pittoresque caustique souligné par les vents et les glissandos des trombones que les découvreurs du musicien appelaient alors ses dégeulandos, rien que cela ! Clou du spectacle sonore, les accents festifs et colorés du Capriccio italien de Tchaïkovski achevèrent la séance en apothéose, et avec toute la fougue du chef, ce must de répertoire. A la fanfare de trompettes, les trois parties s’enchaînent avec tous ses contrastes, ses mélanges d’accents populaires et de virtuosité italianisante, puis le napolitanisme de la mélodie qui suit. Chouette ensuite la tarentelle, qui fera place au fusioso final où tout l’orchestre met le paquet. Un Carnaval de Rome comme si on y était.

Georges MASSON