Salvatore Licitra (1968-2011)

Disparition du ténor Salvatore Licitra (1968-2011)

 

 

 

Le ténor italien, Salvatore Licitra, d’origine sicilienne, vient de mourir à l’hôpital de Catane, le 5 septembre 2011, des suites d’un accident survenu le 27 août 2011, dans la région de Raguse où il devait recevoir un prix, le 3 septembre. Il conduisait à faible allure sa Vespa dont il aurait perdu le contrôle à la suite d’une hémorragie cérébrale. Il s’est écrasé contre un mur alors qu’il ne portait pas de casque. Il n’a pas survécu à ses importants traumatismes crâniens, faciaux et thoraciques. Il venait d’avoir 43 ans.

Il avait commencé à étudier le chant à l’âge de 19 ans, à Parme, mais il affirme tout devoir à Carlo Bergonzi qu’il rencontre en 1996 à Bussetto. C’est lors d’une représentation des élèves de ce dernier qu’il fait ses débuts à Parme, en 1998, dans Un ballo in maschera. Doublure pour les Arènes de Vérone, il y chante le Ballo, Rigoletto, Aïda. Son succès attire l’attention de Riccardo Muti qui l’engage, en 1999, pour chanter La forza del destino à la Scala de Milan où il reviendra l’année suivante pour Tosca, toujours sous sa direction. Il enregistre cet opéra chez Sony classical chez qui il signe un contrat d’exclusivité. Rapidement, il part en tournée au Japon avec La Scala.

L’ouverture de la saison 2000/2001 à la Scala avec Il trovatore, pour le centenaire de la mort de Verdi, fut l’occasion d’un scandale : Muti avait interdit à son protégé les contre-uts rajoutés par la tradition dans la cabalette « Di quella pira », au grand dam du public. Six mois plus tard, dans les Arènes de Vérone, Licitra prenait sa revanche en multipliant les contre-uts dans le même air et faisait un triomphe.

En novembre 2001, il est invité au 26ème Richard Tucker Music Foundation Opera Gala, à New York. Il chante ensuite à Vienne, à Lisbonne, dans les principaux opéras d’Italie.

Il atteint la notoriété internationale quand, le 12 mai 2002, au Metropolitan Opera, il remplace Luciano Pavarotti qui avait annulé sa participation à Tosca, deux heures avant le lever de rideau. Ovationné pour ses deux grands airs, il acquiert le surnom de « nouveau Pavarotti ».

Invité dans les plus grands opéras du monde (Europe –La Bastille en 2004-, Russie, Amérique du Nord, Japon, Taiwan), il a chanté les grands rôles de Verdi, Puccini, et le répertoire vériste (Leoncavallo, Mascagni, Giordano, Ponchielli). Il devait, la saison prochaine, chanter son premier Don José à San-Francisco. Il ne voulait pas toucher au répertoire français avant d’en parler la langue. Le sort en a décidé autrement.

 

Discographie :

- Il Trovatore, avec Barbara Frittoli, Leo Nucci, dir. Riccardo Muti, live Scala de Milan, 2000.

- Tosca, avec Maria Guleghina, Leo Nucci, dir. Riccardo Muti, live Scala de Milan, 2000. (CD et DVD)

- Récital The debut, Verdi et Puccini, dir. Carlo Rizzi, 2002.

- Récital Duetto, avec Marcello Alvarez, ténor, mélodies diverses, dir. Daniel May, 2003.

- Récital Forbidden love, Verdi et divers véristes, dir. Roberto Rizzi Brignoli, 2006.

- Aïda, live Opernhaus de Zurich, avec Nina Stemme, Juan Pons, dir. Adam Fischer, 2007. DVD.

- Bande originale du film The Man who cried, 2005(Verdi et véristes).

 

Danielle Pister