G.Vichnevskaïa (1926-2012)

Galina Vichnevskaïa (1926-2012) 

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La production de IOLANTA à Metz et à Nancy nous donne l’occasion de rendre hommage à une très grande Dame du chant russe et de la dissidence antisoviétique.

Galina Vichnevskaïa nous a, en effet, quittés en décembre 2012 à l’âge de 86 ans. Sa carrière fut d’abord liée au Bolchoï de Moscou dont elle fut une des gloires féminines avec Irina Arkhipova dès le milieu des années 1950. Elle y incarna les grandes héroïnes de Tchaïkovski dont une Tatiana de légende. Elle fut également Aïda, Tosca, Liu de Turandaot, aussi bien en Russie qu'à Vienne, à la Scala ou au MET. Britten écrivit pour elle la partie de soprano dans son War Requiemq u'elle enregistra, pour Decca, sous sa direction. Mais les autorités soviétiques lui interdirent de participer à la création de l'œuvre, à la Cathédrale de Coventry, en 1962. En 1970, Herbert von Karajan la sollicita pour graver à Vienne, également pour Decca, le rôle de Marina dans Boris Godounov. Elle quitta l’URSS en 1974, en même temps que son mari, le grand Mstislav Rostropovitch. Celui-ci était alors persécuté par le régime communiste pour avoir apporté son soutien au Prix Nobel, Alexandre Soljenitsyne. La cantatrice et le violoncelliste devinrent ainsi des icônes de la dissidence antisoviétique en Occident, ce qui leur valut d’être déchus de leur nationalité en 1978. Ils ne seront réhabilités dans leur pays que dans les années Gorbatchev.

La cantatrice grava à deux reprises Tatiana d’Eugène Onéguine, son rôle fétiche. L’enregistrement de 1956, avec les forces du Bolchoï sous la direction de Boris Khaïkine, est devenu un classique, le timbre de Galina étant alors en pleine adéquation avec  la jeunesse du personnage. Parmi ses partenaires, on retiendra  Ivan Petrov incarnant le Prince Grémine et le vétéran mais toujours excellent Serguei Lemeshev prêtant sa voix d’exception au personnage de Lenski.

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Tatiana, Scène de la Lettre, début (Moscou, 1956)


Rostropovitch pratiquait aussi bien la direction d’orchestre que le violoncelle, avant de devoir quitter l’URSS, et il ne manquait jamais de diriger son épouse, dans ses grands rôles. Ainsi, lorsque le Bolchoï fut en résidence à l’Opéra Garnier en janvier 1970, Rostropovitch dirigea Eugène Onéguine et un enregistrement fut réalisé à la salle Wagram, coproduit par EMI et Melodiya. Cet évènement, largement salué par la critique, devait marquer les débuts de l’artiste comme chef d’orchestre au disque.

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Tatiana, Scène de la Lettre, fin (Paris, 1970)


Après l’installation du couple en Occident, devaient suivre des gravures de La Tosca, La Dame de Pique, Lady Macbeth de Chostakovitch, Guerre et Paix de Prokofiev. L’enregistrement de Iolanta se situe dans cette perspective. Il fut réalisé en 1984, en public, à la faveur d’un concert donné par l’Orchestre de Paris à la salle Pleyel. Galina Vichnievskaya/Yolande et Nicolaï Gedda/Vaudémont y sont particulièrement émouvants.

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Arioso de Iolanta