Prélude à un bicentenaire

 LE SALON DE MUSIQUE ET LE QUINTETTE DE JEUNESSE DU COMPOSITEUR

(concerts des 27 et 28 juin 2011 à Clémery)

 

C’est le premier pas vers le Bicentenaire Ambroise Thomas et c’est le Salon de Musique  de Metz qui va le franchir. Mais qui est-il ? Si le Salon de Musique joue en clé de sol, en clé de fa et en clé d’ut, il est, en tout cas, la clé de voûte des châteaux lorrains. Un des piliers fondateurs, Philippe Baudry, le violoncelle solo de l’Orchestre National de Lorraine, tient haut le portail de cet ensemble de chambre à géométrie variable, du trio au dixtuor, et dont le baptême du feu, en 2006, au Château de La Grange de Manom, ouvrait les fenêtres de l’espérance d’un voyage au long cours dont il en est à la 18e station, à Clémery, autour d’Ambroise Thomas.

Landonvillers, Pange, Hattonchâtel, Cons-la-Grandville et bien d’autres manoirs et donjons et jusqu’aux Musées de la Cour d’Or de Metz comme dans le Salon Charlemagne de sa gare romano-germanique, furent autant d’étapes ogivales, en berceau, en voussures ou en arches, révélant le mystère, la beauté et l’atmosphère sereine de lieux toujours uniques et, pour l’heure exquise, baignés de musique. Salon de musique, oui, mais parfois musiques de salon quand les demeures particulières ouvrent leurs portes à ces messagers du bonheur de Mozart, de Beethoven de Debussy mais aussi des contemporains. Séances en toute intimité, certes, mais qui deviennent, à chaque escale, moins discrètes, plus visibles, le bouche à oreille ayant fait son chemin.

CONCERT EN PARTENARIAT AVEC LE CERCLE LYRIQUE DE METZ

Contraste frappant toutefois. C’était, fin mai, dans la chapelle absidiale de la cathédrale Saint-Etienne, un moment de ferveur, d’émotion, de recueillement, lorsque, sous l’égide de l’association « Chemins d’art et de foi en Moselle », le violoncelliste Philippe Baudry, la violoniste Nathalie Shaw, le clarinettiste Jérôme Schmitt, et le pianiste David Violi, interprétèrent le  Quatuor pour la fin de temps  d’Olivier Messiaen. L’œuvre n’avait plus été jouée à Metz depuis fort longtemps. Les huit parties quasiment suffocantes et en particulier l’extatique « Louange à l’Eternité de Jésus », rappelaient les circonstances dramatiques de sa composition, jouée pour la première fois en 1941, au Stalag de Görlitz en Silésie, dans un froid cruel et sur des instruments improbables. Messiaen était au piano. Les quatre interprètes abordèrent la partition, techniquement difficile, avec l’engagement et l’intériorité qui sied à cet ouvrage aux symboles mémoriels prenants. .

La prochaine station du Salon de Musique (27 et 28 juin, deux séances car la salle n’est pas grande), donnera la victoire aux cordes au Château de Clémery près de Pont-à-Mousson, où le Quintette opus 7 qu’Ambroise Thomas écrivit lors de son séjour à la Villa Médicis à Rome, sera encadrée par une Sonate à quatre de Rossini et par le Quatuor de Verdi. Le Salon de Musique sera associé au Cercle Lyrique de Metz, partenaire spirituel de cette séance qui sera une manière de lancement de l’année du bicentenaire de la naissance à Metz (5 août 1811) du célèbre compositeur de Mignon.

Georges Masson