Bilan d'un bicentenaire

Au lendemain d’un Bicentenaire 

  Un bilan encourageant et des projets futurs

 

Les manifestations messines échelonnées sur le mois de novembre 2011, portant sur la célébration du Bicentenaire d’Ambroise Thomas, ont donné des résultats encourageants et ouvert quelques fenêtres sur l’espérance de pistes futures. Nous vous en détaillons les points forts.


Il semblait naturel au Cercle Lyrique de Metz, de marquer d’une pierre blanche, la célébration du bicentenaire de la naissance d’Ambroise Thomas, à Metz, le 5 août 1811. Il s’y préparait depuis quelque temps. Or, on apprenait, fin avril 2011, que la Biennale, consacrée depuis 2007 au compositeur, et qui aurait dû être la troisième, était supprimée. Et, avec elle, les quatre concerts dont deux récitals lyriques, un concert de musique sacrée et une séance de musique de chambre, qui devaient l’accompagner, pour la raison qu’ils n’avaient, malheureusement, pas été budgétés. S’en tenir aux représentations de son opéra « Françoise de Rimini », inscrit, sans autre mention particulière, au programme de la saison lyrique, semblait un peu court. Difficile de faire l’impasse, alors que toutes les personnalités illustres en leur temps, ainsi que les artistes renommés, ont  fait l’objet de manifestations anniversaires de la part des villes qui les avaient  vus naître. Il en avait été ainsi de Jules Massenet à Saint-Etienne, d’Hector Berlioz à La Côte Saint André, et de tous les compositeurs en général.

LE LIVRE-SOUVENIR ET L’« ASSOCIATION DES AMIS D’AMBROISE THOMAS ET DE L’OPÉRA FRANÇAIS »

Alors, le président du C.L.M. proposa au Président de la Communauté d’agglomération de Metz Métropole, Jean-Luc Bohl, ainsi qu’à Dominique Gros, Maire de Metz, que l’on baptise le foyer de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, du nom d’Ambroise Thomas. Une demande aussitôt acceptée. La Biennale Ambroise Thomas (la troisième depuis 2007), fut rétablie, de même qu’un des principaux concerts, celui portant sur la « Messe solennelle » du compositeur put être reprogrammée. Puis, il conçut un livre-souvenir, « Bicentenaire Ambroise Thomas », édité par le Cercle Lyrique de Metz et imprimé par la Co.J. Fa, et avec la participation de deux vice-présidents du C.L.M., Danielle Pister, et Jean-Pierre Pister, qui est également le webmaster du site de l'association. Le livre contient entre autres, une biographie du compositeur, le poème de son centenaire, la généalogie de ses ancêtres, ainsi que l’étude détaillée de son dernier opéra de même que l’intégralité de son livret, une étude historique de la période à laquelle il se situe, sa discographie actualisée, l’interview du chef d’orchestre qui l’a fait revivre, le portrait des interprètes de la création de 1882, le détail des dossiers ouverts et consultables sur notre site Internet dont, en particulier, celui portant sur le compositeur et figurant parmi une vingtaine de rubriques diverses. Ce véritable Journal lyrique informatique rigoureusement tenu par Jean-Pierre Pister, dépassait, en cette fin d’année 2011, le chiffre de 36.000 visiteurs, depuis sa fondation il y aura bientôt deux ans.

De même que le président fonda une nouvelle association, l’« Association des Amis d’Ambroise Thomas et de l’Opéra français », placée sous le parrainage d’un des descendants de la branche collatérale du musicien, le Professeur Pierre Ambroise-Thomas, Président honoraire de l’Académie Nationale de Médecine de Paris, et arrière-petit-neveu du compositeur. Son comité fondateur, réunissant des personnalités musicales comme Jacques Mercier, directeur artistique de l’Orchestre National de Lorraine, Christiane Stutzmann, cantatrice, de l’Opéra, professeur d’art lyrique et présidente honoraire de l’Académie de Stanislas de Nancy, ainsi que des spécialistes de l’opéra figurant au comité directeur du C.L.M., s’est entouré, afin de lui donner plus d’éclat, d’un comité d’honneur, réunissant une cinquantaine de personnalités publiques, culturelles et musicales de la région -de Paris également-, dont des fondateurs de festivals, des directeurs d’institutions culturelles locales et régionales, des compositeurs, des chanteurs lyriques, des musicologues, d’anciens directeurs artistiques et chefs d’orchestre de la Philharmonie de Lorraine, etc.…(la composition des comités figure sous un chapitre du livre-souvenir). Au cours de l’été, l’association fut officiellement enregistrée au Tribunal d’Instance de Metz, au Registre des associations.

LE BAPTẾME DE LA SALLE AMBROISE THOMAS

Et elle fut tout aussi officiellement lancée le jour de l’inauguration de la salle Ambroise Thomas, le 20 novembre 2011, à l’issue de la seconde représentation de « Françoise de Rimini », l’ultime opéra du compositeur, opéra qui n’avait plus été représenté depuis sa création, le 14 avril 1882, à l’Opéra Garnier à Paris. Des discours furent prononcés par Jean-Luc Bohl, Président de la Communauté d’agglomération de Metz Métropole, par Dominique Gros, maire de Metz, par le Professeur Pierre Ambroise Thomas et par Georges Masson, avant que ne soient dévoilés les trois panneaux de la salle Ambroise Thomas, faisant apparaître les titres des quelque vingt ouvrages lyriques qu’il avait composés. Une réception, organisée par l’Opéra-Théâtre de Metz et la Communauté d’agglomération de Metz Métropole, avait réuni, autour d’un cocktail, les personnalités publiques ainsi que les membres invités du Comité d’honneur de la nouvelle association et parmi lesquelles, Jacques Mercier, Christiane Stutzmann, Paul-Emile Fourny, le directeur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, etc.….

Cette inauguration avait été précédée d’un mini-concert au cours duquel le Salon de Musique de Metz, sous la houlette de Philippe Baudry, violoncelle-solo de l’Orchestre National de Lorraine, interpréta le premier mouvement du Quintette à cordes opus 7 qu’Ambroise Thomas avait composé à 23 ans, au cours de son séjour de pensionnaire de la Villa Médicis, à Rome. Ce Quintette avait été ressuscité cinq mois auparavant, dans son intégralité, au Château de Clémery, près de Nomeny, dans le programme des séances itinérantes de musique de chambre du Salon de Musique de Metz. On notera que ce premier mouvement surprit agréablement les invités qui applaudirent chaleureusement l’œuvre et ses les interprètes.

REVIVISCENCE D’UN ULTIME OPÉRA : « FRANÇOISE DE RIMINI » ET TROIS CONFÉRENCES

Les trois représentations de « Françoise de Rimini », -l’opéra mis en scène par Vincent Tordjmann et « ressuscité » en quelque sorte, par Jacques Mercier, qui en a creusé la riche partition à l’orchestration fouillée-, furent pour chacun des spectateurs, une redécouverte généralement appréciée. Elles ont été servies par une distribution vocale qui a longuement  travaillé sa partie, et qui mit plus particulièrement en exergue, l’héroïne de l’ouvrage, la soprano Catherine Hunold, dans le rôle-titre de Francesca. (on lira les critiques de l’opéra figurant dans les sous-pages du dossier Ambroise Thomas, sur le site Internet du C.L.M.).

Trois conférences différentes ont été prononcées par Georges Masson durant cette période, entre les 12 et 22 novembre, l’une portant sur « Ambroise Thomas et sa Messe solennelle » à l’invitation de l’Association «  Moselle Arts Vivants », l’œuvre ayant été reprogrammée à L’Arsenal et interprétée  par l’Orchestre de Chambre du Luxembourg avec trois solistes chanteurs et trois ensembles vocaux réunis, de Nancy, Metz et Luxembourg. La grande salle avait accueilli, pour l’heure, une belle assistance qui, en général, découvrait l’ouvrage, lequel avait été cependant joué deux fois en 2007 à Montigny et à Metz. La seconde conférence, au théâtre, fut donnée dans le cycle annuel des conférences du Cercle Lyrique de Metz, intitulée : « Françoise de Rimini : petite et grande histoire d’un ultime opéra ressuscité ». La  troisième, à l’Hôtel de Ville de Metz, était plus généraliste et ainsi libellée : « Ambroise Thomas, la plume lyrique d’un Messin sur le podium de la célébrité. » Elle fut illustrée de documents iconographiques gravés sur CD Rom par Jean-Pierre Pister, vice-président, et par des enregistrements discographiques de Jean-Pierre Pister et de Pascal Lefts, responsable de la partie musicale de la Bibliothèque-médiathèque du Pontiffroy. Ajoutons que Pascal Lefts avait consacré, durant tout ce mois de novembre, une vitrine-exposition sur Ambroise Thomas, en cette même Bibliothèque-médiathèque.

On notera aussi que cette conférence du 19 novembre fut suivie, en soirée, d’un repas au Restaurant des Roches, face au théâtre, réunissant des membres du Cercle Lyrique de Metz renouant ainsi avec les rencontres conviviales de ses adhérents et des membres de son  comité, ainsi que des membres du comité fondateur et des membres d’honneur de la nouvelle association. Son président remercia les invités et les personnes présentes, fit le tour d’horizon des manifestations et esquissa des projets futurs, entouré de Pierre Ambroise Thomas et de son épouse, de Christiane Stutzmann et de son mari le baryton Christian Dupuy, de Paul-Emile Fourny, de Jacques Mercier, des vice-présidents Jean-Pierre Vidit, Danielle Pister, Jean-Pierre Pister, du président d’honneur du C.L.M. Daniel Vorms et son épouse, etc.…

PROJETS : DES RÉCITALS D’ART LYRIQUE

La nouvelle Association des Amis d’Ambroise Thomas et de l’Opéra français, qui fonctionne en synergie avec l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole et son directeur artistique, Paul-Emile Fourny, a, ainsi, des projets qu’elle réalisera au fil des saisons et qui porteront essentiellement sur une meilleure connaissance de ce répertoire français que l’on remet à l’honneur, et en mettant en valeur aussi bien les œuvres d’Ambroise Thomas que celles de ses contemporains et des compositeurs français. Elle envisage également des conférences spécifiques et, après sollicitation auprès de mécènes potentiels susceptibles de soutenir, financièrement, ses objectifs futurs, de faire figurer dans ses projets, des récitals d’art lyrique avec de jeunes cantatrices et de jeune chanteurs, qui seront guidés et conseillés par une des meilleures spécialistes du chant français, Christiane Stutzmann, une des vice-présidentes de la nouvelle association.

Georges Masson