Hymnes à Scy-Chazelles

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Dans le cadre de l’exposition Europe en hymnes : des hymnes nationaux à l’hymne européen, organisée par le Conseil Général de la Moselle à la Maison de Robert Schumann, à Scy-Chazelles, du 29 avril au 31 octobre 2012, deux concerts-conférences ont illustré cette thématique.

La première se tenait le 3 juin 2012, dans la maison du père de l’Europe : Gilbert Rose, membre de l’Académie Nationale de Lorraine, ancien percussionniste de l’Orchestre National de Lorraine, se proposait de comparer les origines diverses des hymnes des pays de l’Union Européenne et d’évoquer succinctement la vie de leurs compositeurs. Le titre, « Ils n’ont pas fait que des hymnes », résumait de façon humoristique le propos du conférencier, puisque certains de ces hymnes n’ont pas d’auteurs connus -comme ceux d’origine populaire-, quand d’autres ont plusieurs pères putatifs, comme c’est le cas de l’hymne anglais, pour lequel sont évoqués les noms de John Bull, Henry Purcell, Marc-Antoine Charpentier et même Lully qu’Haendel se serait contenté de recopier. Plus curieux, la mélodie de cet hymne anglais a servi d’air national à la France de 1686 à 1792, à l’Allemagne de 1871 à 1918, et même à la Russie. Un avant-goût d’hymne européen peut-être. C’est donc à un voyage musical, en passant des hymnes folkloriques aux compositions savantes, éphémères ou pérennes, que nous invitait le conférencier dont le propos fut illustré par le violoncelliste Philippe Baudry, fondateur de l’ensemble de musique de chambre, le Salon de musique, accompagné par Kees de Visser au piano, qui a appartenu à Robert Schuman. C’est ainsi que l’on put entendre quelques mélodies rares du Français Rouget de Lisle, du Letton Kārlis Baumanis, auteur, en 1870, de l’hymne de son pays et de Dobri Hristov, grand spécialiste du folklore bulgare.

Le 10 juin 2012, dans la chapelle St Quentin de Scy-Chazelles, le concert-conférence, « À l’origine des hymnes », ramenait l’auditeur à la naissance de l’hymne chrétien dans l’Occident latin. Gérard Nauroy, ancien Président de l’Université Paul Verlaine de Metz, membre titulaire de l’Académie Nationale de Metz, grand spécialiste d’Ambroise de Milan, rappela le rôle joué par ce dernier pour imposer la pratique de l’hymne, d’origine païenne, dans la liturgie chrétienne du IVe siècle, notamment dans son combat contre l’arianisme. Dans les deux siècles qui suivirent, on écrivit des hymnes « à la manière d’Ambroise », à la fois prières, célébrations des grandes fêtes liturgiques, exaltations des saints martyrs. L’ensemble vocal a capella, La Scola Metensis, interpréta deux hymnes d’Ambroise de Milan, suivis par d’autres exemples couvrant les siècles allant du VIe au XVIe siècle, dont le célèbre Veni creator. Ce concert, sous la direction de Marie-Reine Demollière, était d’autant plus émouvant qu’il se déroulait au lendemain de l’inhumation du fondateur, avec son épouse, de cet ensemble, Christian-Jacques Demollière, membre de l’Académie nationale de Metz.

Signalons la publication, à l’occasion de cette exposition à la maison de Robert Schuman, d’un recueil d’articles signés par différents spécialistes, dont les deux conférenciers, sur l’Europe en hymnes. Des hymnes nationaux à l’hymne européen. Une façon aussi agréable qu’instructive pour réviser l’histoire européenne depuis ses origines gréco-latines jusqu’à nos jours.


Danielle Pister