Veut-on déstabiliser l'ONL ?

Veut-on déstabiliser l’Orchestre National de Lorraine ?

 

Les lecteurs du RL, épris de culture au sens le plus noble du terme, n’ont pas manqué de sursauter en prenant connaissance, en page régionale de l’édition du 15 septembre, des menaces qui pèseraient sur l’ONL. Après les rumeurs sur l’avenir de l’Opéra-Théâtre de Metz, après les incertitudes concernant son corps de ballet, cela fait beaucoup. Et les propos de l’Adjoint à la culture, président de l’Orchestre, ne sont que très partiellement rassurants. L’argument financier serait recevable s’il concernait tout ce qui touche au domaine culturel. Or, et c’est fort bien ainsi, il n’en est rien, semble-t-il, ni pour certaines animations estivales ni pour la prochaine« Nuit blanche », ni pour la future salle dite « des musiques nouvelles », ni pour les projets d’aménagement de la Porte des Allemands tels qu’ils sont rapportés par les media.

Osons donc poser la « la question qui fâche » : veut-on éradiquer de l’horizon messin la musique classique, considérée dans certains milieux, et pour des raisons strictement idéologiques, comme bourgeoise et élitiste ? Veut-on étouffer une tradition symphonique qui n’a cessé de s’épanouir depuis des décennies sous des baguettes aussi diverses que celles des Pernoo, Béreau, Quattrochi, Houtmann, Lacombe, et, aujourd’hui, Mercier ?

A-t-on oublié qu’avec l’Arsenal, on dispose d’une des plus belles salles de concert d’Europe, mentionnée comme telle dans le dernier numéro de la revue Classica ?

L’article laisse entendre que le Maître Jacques Mercier pourrait, être amené, pour des questions de limite d’âge, à quitter ses fonctions. Peut-on rappeler à nos édiles, responsables de la culture que, de Toscanini à Klemeperer, de Kurt Masur à Georges Prêtre et à Michel Plasson, aucun Maestro, de l’envergure nationale et international de Jacques Mercier ne s’est vu écarté du pupitre par le couperet de l’Etat civil ?

Depuis 2002, le Chef et son orchestre ont accompli un travail considérable et avec des programmes d’une rare qualité. Rappelons, entre autres grands moments, les Sibelius, les Chostakovitch, la Vida breve de Falla en version de concert, Nevski de Prokofiev, la Messe glagolitique de Janáček. Mentionnons aussi le « Diapason d’Or » primant un superbe CD consacré à Gabriel Pierné. Beaucoup d’ensembles symphoniques français peuvent-ils se prévaloir d’un tel bilan ?

Oui ou non, la grande musique a-t-elle sa place à Metz ? Formulons le vœu que nos édiles répondront, sans faux-fuyant, aux inquiétudes légitimes de bien des mélomanes……qui sont aussi des électeurs.

Jean-Pierre Pister

 

Les éléments du dossier dans la presse

Le Républicain Lorrain du 16 septembre 2010

Le Républicain Lorrain du 17 septembre 2010

Le Républicain Lorrain du 19 septembre 2010

Le Républicain Lorrain du 7 octobre 2010

 L'Est Républicain septembre 2010

La Semaine du 23 septembre 2010

La Semaine du 7 octobre 2010 

 

Ouverture de la saison 2010-2011 brillantissime