Une synergie Metz-Nancy ?

 

ORCHESTRE, BALLET, OPERAS DE LORRAINE

Partition commune pour le Nord et le Sud

 

 Nous reproduisons ci-dessous, un article (Aurélia Salinas) paru dans l’hebdomadaire « La Semaine » du 21 au 27 avril 2011, portant sur un protocole sur trois ans signé par les personnalités politiques de la Région lorraine.

 

« Les grandes signatures, ça se mérite ». Christian de Lavernée sait trouver les mots pour mettre de la solennité sur un événement. Lundi 18 avril, un grand pas a été fait vers la création d’un pôle lyrique, symphonique et chorégraphique en Lorraine.

 

 

Vu le beau monde rassemblé autour de la table, on se doute que cette signature est plus qu’un symbole. De gauche à droite, Laurent Hénart, André Rossinot, Jean-Luic Bohl, Christian de Levernée, Jean-Pierre Masseret, Dominique Gros, Antoine Fonte… Une belle brochette de politiques toutes sensibilités confondues, unies pour renforcer la culture dans la région. L’union fait la force et semble désormais dépasser les vieilles divisions d’antan. La Lorraine parle d’une voix lorsqu’il s’agit de l’université, de l’hôpital et de la culture. Du moins face à la caméra, ce qui se passe en coulisses est sans doute moins parfait.

Quoiqu’il en soit, cette affaire de pôle lyrique, symphonique et chorégraphique remonte à loin. Les premières discussions ont débuté en 1999. Première signature en 2011. Il en a fallu du temps pour que les choses avancent. Surtout qu’elles n’en sont qu’aux prémices. Ce protocole fixe un agenda sur trois ans, qui permettra de marquer des objectifs à respecter. Il précise également les rôles de chacun. Ainsi, ce pôle sera constitué :

- « d’un grand ensemble philharmonique mutualisé à partir de l’Orchestre National de Lorraine installé à Metz ;

-  « d’une unité multisites et mutualisée de production lyrique à partir de l’Opéra National de Lorraine installé à Nancy et de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole ;

- « d’un ballet national contribuant au rayonnement international d’un territoire. »

NI VAINQUEUR, NI VAINCU

Autrement dit, le lyrique à Nancy, le philharmonique à Metz et le ballet entre les deux, sans pour autant qu’une ville prenne le pas sur l’autre. « Tout ceci n’aboutira pas à la victoire d’une ville sur l’autre. Il n’y aura ni vainqueur ni vaincu. Ni le maire de Nancy ni moi-même, ne pouvons nous permettre de perdre » précise Dominique Gros.

Pour montrer que le rapprochement est possible, Laurent Hénart cite le récent exemple de Carmen. Une coproduction nancéo-messine jouée à guichets fermés dans les deux villes. « Ni le public ni le personnel n’a été troublé. Au contraire, ce dernier a été plutôt fier de travailler ensemble », souligne l’adjoint au maire de Nancy, délégué à la culture. « Nous devons partager des projets artistiques et culturels, des ambitions, et régler les problèmes juridiques de mises en commun, » synthétise Laurent Hénart. C’est justement ce dernier point qui suscite quelques inquiétudes chez le personnel des sites de Metz et de Nancy. Le futur orchestre devrait être constitué de 110 musiciens. Or, si on ajoute Metz et Nancy, on est à 140. « Le protocole a été accepté en mars dernier par les salariés de l’opéra de Nancy. Il n’y a aucun souci », souligne Laurent Hénart. Personne ne perdra son emploi, complète Dominique Gros. Tout cela se gère. »

CULTURE POUR TOUS

Autre volonté : que les projets communs s’exportent plus facilement dans toute la Lorraine, notamment dans des jauges plus réduites.  « Nous devons imaginer une offre de spectacles adaptée » estime Laurent Hénart. C’est ce que souhaite Jean-Pierre Masseret qui encourage fortement un rayonnement du pôle sur toute la Lorraine et pas seulement dans les villes reines. « Tous les contribuables doivent avoir accès à la même culture qu’ils soient à 5 ou 100 kilomètres de Metz ou Nancy. Ce n’est pas qu’une affaire de Sillon. »

29, 7 millions seront consacrés à ce pôle, 5,576 millions venant de l’Etat, 4,352 de la Région, 9, 359 de Nancy, 10, 392 de Metz et Metz Métropole.

Les chiffres sont les mêmes que l’année dernière, ce sont les répartitions, les ambitions qui vont changer. Désormais, il faudra penser « Lorraine ». Sans fausse note.

 

Aurélia Salinas