Solange Michel (1912-2010)

 SOLANGE MICHEL 1912-2010

 

 

Les mélomanes messins les plus anciens se souviennent-ils de la production du Consul de Menotti, en janvier 1972 à l’Opéra-Théâtre ? Y figurait la mezzo française Solange Michel, la Carmen des années d’après-guerre à l’Opéra-comique, alors en fin de carrière (elle devait quitter la scène à Besançon en 1978).

Solange Michel nous a quittés le 15 décembre dernier, presque centenaire, à l’instar de sa consœur Giulietta Simionato, récemment disparue. Elle était née Solange Boulesteix le 27 novembre 1912 et fut formée au Conservatoire supérieur de Musique de Paris où elle fut l’élève du ténor Thomas Salignac. Repérée d’abord à l’occasion d’une émission de radio en 1936, Solange Michel fit ses véritables débuts en 1942 à la Salle Favart dans le rôle de Charlotte de Werther. Elle s’identifia rapidement à tous les rôles importants de mezzo de notre répertoire national, de Charlotte à Mignon, Dalila, Marguerite de Berlioz. Mais elle fut surtout la grande Carmen des années 1946-1959, ce qui lui valut une réelle notoriété nationale et internationale jusqu’à ce que le chef d’œuvre de Bizet abandonne la salle Favart pour l’Opéra Garnier. Fidèle à la province comme la plupart de ses confrères français de cette époque, elle ne négligea pas l’Afrique du Nord et se produisit notamment à Oran, à maintes reprises, dans son répertoire de prédilection. Sa réputation dans Carmen lui valut d’être invitée à Milan, Londres et Buenos Aires. En 1950, lorsque le grand chef russe Serge Koussevitzky se produisit pour la dernière fois en France à la veille de sa disparition, il sollicita Solange Michel pour le final de la Neuvième Symphonie de Beethoven.

Une discographie peu étoffée mais de qualité rend correctement justice à une cantatrice à l’articulation si claire et au style si typiquement français que l’on aurait tort de juger, trop rapidement, comme étant conventionnel et démodé.