Pierrette Alarie (1921-2011)

Pierrette Alarie (1921-2011)

Le Québec orphelin d’une voix d’or

 

 

On ne peut séparer le nom de la soprano canadienne française, Pierrette Alarie de celui de son mari, Léopold Simoneau, mozartien d’exception, disparu, en 2006, à l’âge de 90 ans. C’est à quelques mois de ce même anniversaire qu’elle vient de le rejoindre.

Née dans une famille de musiciens (père chef de chœur et d’orchestre, mère chanteuse et actrice), elle manifeste, dès l’adolescence, des talents de diseuse et d’interprète de chansons à la radio canadienne. Dès 1938, elle chante L’Auberge du cheval blanc, et les rôles-titres de La Fille du Régiment et de Mireille. Elle étudie, à partir de 1940, à Montréal, au Studio d’art vocal, fondé en 1914 par le ténor Marseillais Salvator Issaurel (1871-1944) où il enseigna jusqu’à sa mort. C’est là qu’elle rencontre celui qu’elle épousera en 1946. Grâce à une bourse, elle part étudier auprès d’Elisabeth Schumann au Curtis Institute de Philadelphie. Après audition, elle est engagée au Metropolitan Opera, en 1945, dans le rôle d’Oscar du Bal masqué de Verdi, sous la direction de Bruno Walter. Elle y reste trois ans dans des rôles de soprano léger (Boris Godounov, Blondchen dans L’Enlèvement au sérail, Olympia dans Les Contes d’Hoffmann). Le couple s’installe en France en 1949, où Pierrette Alarie chante à l’Opéra-Comique les principaux rôles des Pêcheurs de perles, Lakmé, Barbier de Séville, Lucia di Lammermoor et Rigoletto. avant de chanter au Festival d’Aix-en-Provence, en 1952, dans Don Giovanni dans lequel Léopold Simoneau chante Don Ottavio. Le couple vedette est invité dans les principaux festivals européens, Salzburg, Glyndebourne, Edinbourg. Elle participe ainsi, en 1959, au Festival de Salzbourg, pour les représentations de Die schweigsame Frau (La Femme sans ombre) de Richard Strauss, sous la direction de Karl Böhm. Le couple Simoneau/Alarie est invité dans la plupart des grandes maisons d’opéra comme Vienne et Munich. Elle se produit également sur les grandes scènes des Etats-Unis et du Canada. Avec son mari, elle donne son dernier concert, à Montréal, en novembre 1970, dans Le Messie de Haendel.

Elle enseigne, à partir de 1972, en Californie où elle fait également de la mise en scène. De retour à Victoria, au Canada, elle fonde avec son mari, l’institut pédagogique Canada Piccola Opera. Elle avait reçu les plus hautes distinctions du Canada.

Avec Léopold Simoneau, elle a enregistré les intégrales des Pêcheurs de perles (Jean Fournet), de Faust (Gianfanco Rivoli), Les Contes d’Hoffmann (Lee Schaenen), Orphée et Eurydice (Hans Rosbaud), des duos d’opéras français et italiens, des airs d’opéras de Mozart. Sans son mari, Pierrette Alarie a enregistré La Femme sans ombre (Karl Böhm), la Messe en Si mineur de Bach, sous la direction d’Hermann Scherchen, des mélodies françaises, les Leçons des ténèbres de Couperin. En 1953, elle participe à la première version du Requiem de Fauré, sous la direction de Jean Fournet. Il existe chez Walhall, une intégrale du Bal masqué prise sur le vif au Metropolitan Opera, dirigé par Giuseppe Antonicelli.

 

Danielle Pister