Les 70 ans de Riccardo Muti

Les soixante-dix ans de Riccardo Muti

 

  

 

Le chef italien a célébré, le 29 juillet 2011, à Salzbourg, ses 70 ans ainsi que les 40 ans de ses débuts en ce lieu où il dirige, chaque année, l’Orchestre Philarmonique de Vienne qui vient de le nommer membre d’honneur. Ensemble, ils se produisent cette année dans  Macbeth de Verdi, musicien de prédilection de Muti, depuis ses débuts. Il s’est toujours montré particulièrement jaloux du respect des intentions du Maître. Il s’est illustré, le 17 mars de cette année, en dirigeant son Nabucco, à l’Opéra de Rome, pour la célébration des 150 ans de l’unité italienne. Le fameux chœur de cet ouvrage fut, pour lui, l’occasion d’un vigoureux rappel des valeurs culturelles qui fondèrent la création de l’Etat italien.

Natif de Naples, il y a étudié le violon, puis le piano, avant la philosophie puis la direction d’orchestre à Milan. Il remporte, en 1967, le premier prix du Concours Guido Cantelli, chef italien considéré par Toscanini comme son héritier, et tragiquement disparu en 1956 dans un crash aérien à Orly, à l’âge de 36 ans, à l’orée d’une carrière prometteuse.

Muti connaît une ascension rapide : chef de l’orchestre du Mai musical florentin, il dirige dès 1971 au festival de Salzbourg et il succède à Otto Klemperer à la tête du Philarmonia Orchestra.de Londres. En 1980, il prend la direction du Philadelphia Orchestra, après le retrait de son prestigieux chef, Eugene Ormandy. De 1986 à 2005, il dirige la Scala de Milan. Sa rigueur musicale, qui le rattache à l’héritage de Toscanini qu’il revendique, lui vaudra autant d’adeptes fervents que de détracteurs virulents. Il finit par partir en claquant la porte de ce prestigieux temple de l’opéra italien.

Chef invité régulier de l'Orchestre Philarmonique de New York et de l'Orchestre National de France, il est reconnu comme un grand interprète, outre Verdi, de Mozart, Rossini, Puccini. Il s’est particulièrement attaché à réhabiliter l’œuvre de son compatriote, Cherubini. Mais il s’illustre également dans le domaine symphonique, de Haydn et Beethoven à Chostakovitch, en passant par Berlioz Tchaïkovski, Malher, Rachmaninov, Prokofiev.

Les mélomanes de Metz et de la « Grande Région SAR LOR LUX » se souviennent de son passage à l'Arsenal, à la tête du Philharmonia, en septembre 2005, dans un programme Busoni / Schubert. Quant aux téléspectateurs, habitués du Concert du Nouvel An à Vienne, ils ont pu admirer le Maestro, dirigeant les Wiener Philharmoniker dans la superbe salle du Musikverein,  les 1er janvier 1993, 1997, 2000 et 2004

Ses enregistrements lyriques aussi bien que symphoniques, à la tête des lOrchestres philarmoniques de Vienne et, plus rarement de Berlin, du symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, de l'orchestre du Royal Opera House de Covent Garden, du Philarmonia Orchestra de Londres, du Philadelpia Orchestra, du Teatro alla Scala, de l’Orchestre National de France font pour la plupart autorité. Depuis la saison 2010-2011, il est directeur musical de l’Orchestre symphonique de Chicago.

Parfois critiqué pour son caractère autoritaire, il rappelle qu’il appartient à la vieille école, héritière d’une stricte discipline qui était celle de Toscanini. Sa fonction est d’être au service de la partition et non de se mettre en avant. Il dit lutter pour la sauvegarde d’une culture européenne vivante et contre un son mondialisé des orchestres. Il ajoute plaisamment : « Je suis un peu le Cousteau de la culture : je me bats pour la survie des espèces ! »

Avec l’âge, à plus forte raison après ses récents ennuis de santé, il se présente comme un sage qui voit dans le fonctionnement d’un orchestre symphonique, le fondement même d’une démocratie idéale : chaque pupitre joue librement sa partition mais dans une nécessaire harmonie. Selon lui, enseigner la musique rend les hommes meilleurs.

Alors, vive la musique et bon anniversaire, Maestro !

 

Danielle Pister