Les 70 ans de Plácido Domingo

Plácido Domingo a fêté ses 70 ans

 

 

Plácido Domingo a fêté ses 70 ans, le 21 janvier 2011, lors d'un grand gala au Teatro Real de Madrid, dirigé par James Conlon, en compagnie de chanteurs célèbres, parmi lesquels Juan Pons, Angela Gheorghiu. On ne saurait rajouter quoi que ce soit à tous les hommages qui lui ont été rendus à cette occasion. Mais comment ne pas saluer ce musicien exceptionnel : musicien, car le terme de chanteur d’opéra serait trop restrictif pour embrasser toute son activité artistique ; exceptionnel, par la longévité de sa carrière, l’ampleur et la diversité de son répertoire, et son infatigable dévouement pour la défense de l’art lyrique et des jeunes chanteurs.

Il est baigné par la musique dès sa naissance puisque ses parents sont des chanteurs de zarzuela : Pepita Embil, « la Reine de la zarzuela », et Plácido Domingo Ferrer. Sans doute tient-il de cette origine, son intérêt et son respect pour toutes les formes d’expression lyrique.

Ses débuts sont précoces puisqu’il se fait remarquer dès l’âge de 18 ans comme …baryton. On le dirige bientôt vers le répertoire de ténor dont il explorera tous les répertoires : italien, français, allemand, russe, espagnol, anglais, le tout chanté en langue originale, avec souvent un accent quelque peu « original » lui aussi, mais toujours avec un sens très sûr du style et de l’esprit de l’œuvre. Sa technique infaillible lui a permis de chanter La Bohème, à la grande inquiétude de Rolf Liebermann qui l’avait engagé pour cette œuvre au Palais Garnier, dans le même temps où il abordait le rôle écrasant d’Otello. Non seulement il a exploré le répertoire des XIX et XXème siècles, notamment en créant de nombreux ouvrages. Le dernier en date fut le 23 septembre 2010, l'opéra Il Postino de Daniel Catan, en décembre 2010 au Theater an der Wien : Domingo y incarnait le poète chilien Pablo Neruda, un nouveau rôle qu’il reprendra, en juin 2011 au Châtelet. Enfin, le 31 décembre 2011, il sera Neptune, au Metropolitan Opera, dans le pasticcio, The Enchanted Island.

A l’heure où bien des chanteurs s’éloignent de la scène, il revient à sa tessiture première de baryton et le duc de Mantoue se mue en Rigoletto ; il est toujours directeur artistique de l'Opéra national de Washington et de celui de Los Angeles, et il s’occupe de son concours de jeunes chanteurs. Comme si cela ne suffisait pas à combler son amour de la musique, il est chef d’orchestre depuis longtemps et a dirigé les plus grands chanteurs dans des récitals ou des œuvres complètes, à la scène (au Met, à Vienne, au Covent Garden), comme en studio (José Cura, Rolando Villazón entre autres). Sans compter les concerts symphoniques avec les ensembles de Chicago, Londres, Berlin.

Il serait difficile de faire la liste complète de ses centaines d’enregistrements qui comportent parfois plusieurs versions du même rôle. Notons simplement que ses qualités d’acteur justifient, et ce n’est pas si courant, que l’on s’intéresse à ses performances prises sur le vif.

Artiste protéiforme, toujours au niveau le plus élevé, on ne peut que s’interroger : jusqu’où ne montera-t-il pas ?

On ne peut que conseiller à nos amis internautes de consulter son site, d’une richesse exceptionnelle : www.placidodomingo.com . Et rendons lui hommage en l’écoutant dans deux répertoires très différents mais qui résument sa trajectoire d’interprète : Wagner…. et la Zarzuela !