La Fausse Magie


Conférence de présentation de La Fausse Magie par Jean-Pierre VIDIT :

samedi 27 février 2010 à 17 Heures au foyer de l'Opéra-Théâtre

 


ANDRÉ MODESTE GRÉTRY (1741-1813)


LA FAUSSE MAGIE

 

Opéra-comique en deux actes
Livret de Jean-François Marmontel
Création à Paris le 1er février 1775

Coproduction les Paladins - direction Jérôme Correas -, l'Opéra de Rennes, le Grand Théâtre de Reims et l'Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Avec le soutien de la Fondation Orange, de la Fondation Royaumont
et de Xavier de Bayser

Les Paladins sont soutenus par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication.
Ils sont membres de la FEVIS (Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés).


Direction musicale : Jérôme Correas
Mise en scène : Vincent Tavernier
Décors : Claire Niquet
Costumes : Erick Plaza-Cochet
Lumières : Carlos Perez


Lucette : Isabelle Philippe
Mme Saint-Clair / La Bohémienne : Anna-Maria Panzarella

Linval : Mathias Vidal
Dalin : Georges Gautier
Dorimon : Alain Buet


Chœurs de l'Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Les Paladins


Vendredi 5 mars 2010 à 20h30
Dimanche 7 mars 2010 à 15h

 

 
Note d'intention artistique par Jérôme Correas


Un babon superstitieux voulant épouser sa pupille, une tante malicieuse ourdissant un plan diabolique pour favoriser les amours de sa nièce, un amoureux se déguisant pour parvenir à ses fins, une cérémonie d'invocation des esprits destinée à effrayer le barbon et le décourager de ses projets matrimoniaux, tels sont les ingrédients de La Fausse Magie, opéra-comique d'André-Modeste Grétry, donné en 1775 par les comédiens italiens dans la grande tradition du théâtre de Goldoni.

Liégeois d'origine, André-Modeste Grétry (1741-1813) est imprégné de musique italienne qu'il étudie à Rome à l'époque où le style napolitain exerce une influence considérable sur toute l'Europe. De passage à Genève, il entend les premiers opéras-comiques français et rencontre Voltaire, qui l'encourage à tenter sa chance à Paris.

Le compositeur belge imprégné d'art vocal italien écrivant en français, voilà un mélange original qui contribue à façonner la personnalité musicale la plus intéressante du théâtre lyrique d'avant la révolution. Grétry est très sensible à l'expression spontanée presque enfantine des sentiments : il les trahit en musique avec une immédiateté, un humour ou parfois une violence qui correspondent à la recherche du « naturel » de cette fin du XVIIIe siècle, et en rejet de la grande tradition versaillaise jugée trop intellectuelle.

De son propre aveu, La Fausse Magie est une de ses œuvres les plus achevées : dans ses mémoires, il évoque le soin qu'il a mis à bien caractériser les personnages et à travailler l'accompagnement orchestral ;

Les dialogues acérés, les airs virtuoses, les ensembles remplis d'onomatopées et de cris d'animaux annonçant Rossini, les scènes de sorcellerie où l'orchestre crée un climat de fausse terreur caricaturant la tragédie lyrique, La Fausse Magie nous entraîne à un rythme endiablé dans une histoire où la bonne humeur règne en maître et où la légendaire ruse féminine se met au service de l'Amour pour l'aider, en se servant au passage, à triompher de la cupidité et de la bêtise...


Note de mise en scène par Vincent Tavernier


Si l'on veut s'en tenir aux critères habituels - intrigue, personnages, psychologie - on risque fort de passer à côté de cette Fausse Magie. Ce ne sont pas sur ces fils qu'il faut tirer pour dérouler la trame de notre "opéra-bouffon".

Deux pistes beaucoup plus révélatrices nous sont offertes pour cela, et d'ailleurs d'une nature assez voisine.

C'est d'abord la musique de Grétry, joyeuse, brillante, rapide, semée d'inventions imitatives, d'échos burlesques et de citations parodiques, qui révèle le ton de l'ouvrage : nous sommes dans un univers de fantaisie, et la seule réalité qui vaille, c'est le plaisir - des oreilles, des yeux, de l'esprit - procuré au spectateur s'il consent à s'abandonner aux joies et surprises des "machines de théâtre" : personnages délicieux à force d'être stéréotypés, rêves prémonitoires, retournements de situation improbables, travestissements à qui mieux mieux et mariage au final, résolument conforme à ce que pouvait supputer le moins avisé des observateurs.

Le livret nous confirme dans cette direction, non pas d'ailleurs en ce qu'il dit, mais par la manière dont il est écrit : en vers ! en petits vers galopants et parfois presque de mirliton, à une époque où le livret d'opéra-comique est déjà couramment en prose. Ce parti pris donne à tout le dialogue une distance, une sorte de charme naïf et guilleret - et en tout cas fort théâtral !

La mise en scène est donc à déduire de cette tonalité générale : il s'agit de retrouver un enchantement formel, de générer à travers tout le jeu des interprètes une allégresse spontanée et communicative, et par-dessus tout de restituer la légèreté, la fantaisie, le sourire constants de l'auteur et du compositeur à l'égard de leurs héros de carton peint.

Aussi voulons-nous nous inspirer non pas exactement des costumes et décors de l'époque, mais plutôt des théâtres de carton découpés qui, sous forme de jeux, commençaient déjà à circuler abondamment, avec leurs personnages délicatement colorés et leurs multiples décors mobiles. Si la réinterprétation de ces dispositifs légers et commodes permettra en effet d'évoquer tout un monde ravissant, fragile et éphémère, cela rendra en outre possible de nombreux changements de tableaux - à petite échelle, mais avec de plaisants "trucages" - pratiques pour scander vivement l'action.

De la fausse magie, peut-être, mais vrai théâtre !


Les Paladins


En 1760, Jean-Philippe Rameau compose Les Paladins, ultime chef-d'œuvre de l'esprit baroque français, délibérément placé sous le signe de la fantaisie et de l'imaginaire.
En empruntant leur nom à l'un des plus grands compositeurs français, Les Paladins explorent les répertoires injustement négligés comme les grands fleurons de l'art musical baroque. Depuis plusieurs années, ils interprètent le répertoire musical dramatique italien du XVIIe, l'opéra comique français du XVIIIe et se produisent au Centre de Musique Baroque de Versailles (Alcide de Marin Marais), au Festival de la Chaise-Dieu (Dixit Dominus de Durante), à l'Arsenal de Metz, au Festival Baroque de Pontoise, au Festival de Musique Baroque de Lyon...
On les a entendus à Londres, Genève, Utrecht, à la Villa Médicis (Rome), Milan, Prague, Stockholm (Anacréon et Pygmalion de Rameau) et Namur. En novembre 2008, les Paladins partent en tournée aux Etats-Unis avec le concours de Culturesfrance.

En 2007, L'Ormindo, opéra de Francesco Cavalli, mis en scène par Dan Jemmett est largement salué par la critique, représenté une vingtaine de fois, notamment à l'Opéra de Rennes, au Grand Théâtre de Reims et à l'Opéra de Massy. Les Paladins remportent également un grand succès en 2008 à la Cité de la Musique et au Théâtre du Châtelet dans le répertoire de l'opéra-comique français (Grétry).

Les Paladins ont enregistré trois disques chez Arion : Les Duos Italiens et Apollo e Daphné de Haendel (ffff de Télérama, 9 de Répertoire) et les Leçons de Ténèbres de Porpora.
Chez Pan Classics, ils ont enregistré les Histoires Sacrées de Carissimi, Madrigali e Dialoghi de Mazzocchi et l'Ormindo, opéra de Francesco Cavalli qui a été largement récompensé par la critique nationale et internationale (10 de Classica Répertoire, 5 Diapason et le prestigieux Preis der Deutschen Schallplattenkritik à Berlin).
Pour le label Ambronay : les Serpents de Feu dans le Désert de Hasse ; Leur dernier disque Soleils Baroques, qui réunit des œuvres inédites de Rossi et Marazzoli, vient de recevoir le 10 de Classica Répertoire.

La saison 2009/2010 se concentrera sur trois tournées d'opéra :
Le Couronnement de Poppée de Monteverdi (Saint Denis, Besançon, Nanterre, Angoulême, Villejuif..), La Fausse Magie de Grétry (Fondation Royaumont, opéra de Metz, Rennes, Reims), La Servante Maîtresse de Pergolèse (Arras, Valenciennes, Maisons-Alfort, Le Perreux sur Marne...).


Les Paladins sont soutenus par le Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Ile de France. Ils reçoivent le soutien de la Fondation Orange. Ils sont membres de la FEVIS (Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés). Ils sont en résidence à la Fondation Royaumont.



Jérôme Correas


Après avoir étudié le clavecin et la basse continue auprès d'Antoine Geoffroy-Dechaume, Jérôme Correas s'est tourné vers le chant. Premier prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris suivi de deux années à l'Ecole d'Art Lyrique de l'Opéra de Paris, Jérôme Correas a chanté avec de nombreux chefs le répertoire baroque (William Christie, Jean-Claude Malgoire, Sigiswald Kuijken, Michel Corboz), la musique des XIXe et XXe siècle (Marek Janowski, Sylvain Crambeling, Louis Langrée, Jesus Lopez-Coboz, Donato Renzetti, Gabriel Garcia Navarro) avec une prédilection pour la mélodie française qu'il a particulièrement beaucoup chantée aux Etats-Unis. Il participe à l'enregistrement de plus d'une trentaine de disques.

En 1997, il fonde les Paladins, associant sa double formation d'instrumentiste et de chanteur au service d'œuvres lyriques inédites ou peu connues, et faisant ainsi redécouvrir des œuvres de Carissimi, Mazzocchi, Marazzoli, Hasse, Porpora, Mouret, Desmarest, Grétry, Favart...

Il a toujours déployé une intense activité pédagogique : masterclasses aux Etats-Unis, au Brésil, en Italie, au Centre culturel de rencontre d'Ambronay, au CNSM de Paris ainsi qu'à la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles.
Il est professeur de chant baroque au CNR de Toulouse.