Biographie de nos conférenciers

Cycle de confrérences du Cercle Lyrique de Metz

Saison 2009-2010

 

 

 

DANIELLE PISTER, SUR « LA BOHEME » DE PUCCINI  (26 septembre 2009)

Descendante de familles alsacienne, méridionale et espagnole, arrivées, pour certaines, en Algérie en 1839, Danielle Pister est originaire d'Oran où elle demeura jusqu'à l'exode de juin 1962, date à laquelle elle s'installa en Moselle.  Elle a fait des études de Lettres à l’Université de Nancy II. Agrégée de Lettres modernes, maître de conférences, elle assure, depuis 2004, les fonctions de directrice du département de Lettres modernes à l'Université Paul-Verlaine à Metz. Elle est également chargée de cours à l'Université de Luxembourg. Ses travaux de recherches portent essentiellement sur la relation entre le domaine religieux et la pensée philosophique au XVIIIème  siècle français. Elle a participé à de nombreuses conférences sur la littérature à laquelle elle est arrivée par le biais de l'opéra. Outre ses publications de colloques comme L'image du prêtre dans la littérature classique aux XVIIème et XVIIIème siècles aux éditions Peter Lang de Berne, elle a présenté, dans la revue L'Algérianiste, une étude sur L'Opéra à Oran de 1830 à 1962  (N° 121 et 122 de mars et juin 2008).

Auteur de la plaquette sur La Bohême éditée par le CLM, Danielle Pister, membre du comité et conseillère culturelle, conférencière habituelle dans le cadre de nos activités, s’interrogera sur les raisons de l’ostracisme qui a longtemps pesé sur Puccini et sur les qualités intrinsèques de son œuvre. Elle illustrera son propos par l’audition d’enregistrements importants et historiques, en commençant par celui du créateur de l'ouvrage au Teatro Regio de Turin en 1896,  Arturo Toscanini et en intégrant des extraits chantés par Caruso. Enfin, elle esquissera une comparaison avec « La Bohème » de Leoncavallo, écrite un an après celle de Puccini.

 

GEORGES MASSON, SUR « HAMLET » D'AMBROISE THOMAS (21 novembre 2009)

Georges Masson, originaire de Metz où il a fait ses études secondaires et a remporté ses prix de musique dont celui de violon au Conservatoire national de région de sa ville natale avant de les poursuivre à la Musikhochschule et à l'Université franco-allemande de Sarrebruck,  s'est spécialisé ensuite dans le journalisme. A présent journaliste honoraire chef de service et critique musical et théâtral, il est président du Cercle Lyrique de Metz, après avoir été le fondateur de l'Orchestre de chambre de Metz dont il est l'ancien président. Membre de l'Académie Nationale de Metz, où il a donné diverses communications (dont celle sur Marguerite Puhl-Demange, une présence littéraire en Lorraine, Quel avenir pour la critique musicale, etc...),  il a  publié plusieurs ouvrages dont « Gabriel Pierné, compositeur lorrain », (Presses Universitaires de Nancy et Editions Serpenoise), « Ambroise Thomas, un compositeur lyrique au XIXe siècle » (Ed. Serpenoise),  ainsi que l'ouvrage historique sur les 250 ans de l'Opéra-Théâtre de Metz (Editions Gérard Klopp-C.L.M.),  de même qu'un ouvrage romanesque, « Le poète disparu » (Ed. Serpenoise). Il a contribué  à diverses encyclopédies musicales, dont « The Grove » et à d'autres ouvrages collectifs sur « Mémoires de la Lorraine » et « La Musique en Moselle des origines à nos jours» (Editions du Conseil Général de la Moselle. Membre de divers jurys régionaux et nationaux, il fait, chaque saison depuis trente ans,  des conférences sur la musique et sur l'art lyrique, à Metz (Université Paul Verlaine,  Conservatoire de région, Opéra-Théâtre -au titre du C.L.M.-, à l'Arsenal, à l'Hôtel de ville etc...) et dans la région.

Georges Masson remontera aux sources d'Hamlet antérieures à Shakespeare et développera les diverses interprétations qui ont été faites, du personnage central de la tragédie du dramaturge anglais, avant de les comparer avec celles, multiples,  qu'on en a fait au XXe siècle, dont celles de Heiner Muller et de Bernard-Marie Koltès . Le comparatif sera fait ensuite avec le livret de Michel Carré et Jules Barbier, d'après les traductions françaises de l'époque, au milieu du XIXe siècle, avant que Georges Masson aborde l'ouvrage lyrique considéré comme le principal opéra d'Ambroise Thomas après Mignon. Il dira pourquoi l'œuvre fut autant portée aux nues que descendue en flèche par la critique, et donnera des exemples chantés, en puisant notamment dans les enregistrements anciens de chanteurs célèbres en leur temps, Vanni-Marcoux, Germaine Féraldy, Eidé Noréna, Renée Doria, Endrèze, etc...

 

 

 

 

 JEAN-SEBASTIEN MACKE, DANS  « L'ATTAQUE DU MOULIN », D'ALFRED BRUNEAU (23 janvier 2010)

Docteur ès lettres de l'Université de Reims, tubiste et issu du milieu musical amateur du Nord-Pas de Calais, J.S. Macke s'est intéressé très tôt à l'œuvre littéraire de Zola et a soutenu un mémoire de maîtrise sur l'œuvre photographique de l'écrivain. Après sa thèse de doctorat soutenue en 2003 sur les liens entre Zola et Alfred Bruneau, « Pour un théâtre lyrique naturaliste », il sera chercheur associé au Centre Zola (Institut des Textes et Manuscrits Modernes, CNRS Paris) ce qui le conduira à des projets tels que la numérisation  du « Rêve »  ou l'iconothèque Zola. Il publie dans les « Cahiers naturalistes » et la revue « Excavatio »,  écrit des textes pour la B.N. de France, etc...Il s'attache à créer des liens entre le roman fin XIXe et les courants artistiques de l'époque ;  il est membre du C.A. de la Société littéraire des Amis d'Emile Zola et a récemment édité le volume XV de ses « Nouvelles œuvres complètes » (Nouveau Monde Editions). Il a également travaillé aux célébrations du 150e anniversaire de la naissance d'Alfred Bruneau et a créé un site Internet (www.ezola.fr) consacré au rayonnement de l'écrivain et du compositeur. Il publie cette année un ouvrage sur la vie musicale amateur dans le Nord de la France et prépare une édition des textes lyriques de Zola. La conférence de Jean-Sébastien Macke suivra le cheminement suivant : Qui sont Alfred Bruneau, Louis Gallet et  Emile Zola au moment de la création de « L'Attaque du Moulin » en 1893 ? Quelles sont les étapes de l'élaboration, de l'écriture et de la création de cet opéra ? Quels sont les mécanismes de passage de la nouvelle à l'opéra ? Quelles sont les grandes caractéristiques musicales de la partition qui, dans l'œuvre de Bruneau, se situe entre « Le Rêve » et « Messidor » ? J.-S. Macke interviendra également sur les interprètes de la création dont notamment, Marie Delna. Il terminera par la réception de cet opéra au moment de sa création et tout au long du XXe siècle. Des extraits seront diffusés au cours de la conférence.

 

 

 

JEAN-PIERRE VIDIT ET « LA FAUSSE MAGIE » DE GRETRY (samedi  27 février 2010)

 Psychologue clinicien et psychanalyste exerçant à Metz depuis 1981, chargé de cours à l'Université de Nancy II, Jean-Pierre Vidit, a publié des articles professionnels dans les Cahiers de la psychologie clinique et la Revue de la Société belge de psychanalyse, traitant de la clinique avec pour trait commun les difficultés de la symbolisation, les failles de la représentation et plus généralement l'adolescence. Il a publié un livre sur les adolescents psychopathes (Ed. De Boeck 2002) et a participé à un ouvrage collectif sur H. Bachau à la suite d'un colloque organisé par l'Université de Metz sur l'écrivain. En sa qualité de vice- président du Cercle Lyrique de Metz, il a donné diverses conférences à l'Opéra-Théâtre (Rigoletto, Butterfly, Les Contes d'Hoffmann, Don Juan) ainsi que pour l'Orchestre National de Lorraine sur « Le Château de Barbe-Bleue» de Bartok et « La vida breve » de Manuel de Falla.

 Jean-Pierre Vidit parlera de cet opéra-comique  en deux actes « La Fausse Magie », créé à Paris en 1775, sur un livret de Jean-François Marmontel, André Ernest Modeste Grétry ayant déjà utilisé l'adjectif dans une autre de ses œuvres « Les Fausses Apparences ou l'Amant jaloux ». Mais on connaît mieux de lui son « Zemire et Azor », ou son « Richard Cœur de Lion ». Compositeur français d'origine belge (il est né à Liège en 1741),  il est un des musiciens les plus à la mode de l'Ancien régime et de la période pré-révolutionnaire. C'est sur les recommandations de Voltaire qu'il s'installera à Paris où il reçoit deux commandes d'ouvrages lyriques à l'occasion du mariage du futur Louis XVI alors Dauphin de France. On a dit qu'il était le musicien préféré de Marie-Antoinette. Donnée dans la même veine que les comédies de Goldoni, « La Fausse Magie »,  dont le style relève à la fois de l'école italienne et de la tradition française, met en scène un vieillard qui veut se marier avec sa pupille, une tante qui  invente une machination, un jeune amoureux travesti, des personnages qui vont mettre en œuvre une scène de spiritisme pour dissuader le vieil homme et le faire renoncer à son projet insensé. Jean-Pierre Vidit explorera la psychologie des divers acteurs en présence, avec extraits musicaux du compositeur.  

 

 

 

DANIELLE PISTER : « L'OPERA  A  ORAN  DES ORIGINES A 1962 »

Danielle Pister (lire sa biographie ci-dessus) évoquera,  tout d'abord, la construction du Casino BASTRANA, en 1844, puis l'histoire de l'Opéra d'Oran,  de son érection en 1907 jusqu'à la dernière saison lyrique de 1962 après laquelle l'établissement s'est consacré à la diffusion des musiques arabo-andalouses, et de productions théâtrales en langue arabe. Ce sera l'opéra d'Alger qui renouera ensuite avec les représentations d'opéras. Elle situera l'art lyrique en Algérie dans l'optique de l'histoire du chant français. « Les vrais héros des spectacles d'opéra sont les interprètes et les grands noms de chanteurs français ou francophones qui suffisaient à déplacer les foules... » écrit-elle dans la revue « L'Algérianiste » qui a consacré deux de ses numéros à développer l'histoire lyrique là-bas. José Luccioni, Gaston Micheletti, Léila ben Sedira, José Mallabrera (né à Oran) Lucienne Donat (oranaise elle aussi) Raoul Jobin..., ont chanté à Oran, dans les rôles principaux du répertoire lyrique, de même que Louis Noguera, Andrée Esposito, Georges Liccioni, Robert Massard, la jeune Mady Mesplé... « Le Caïd » d'Ambroise Thomas fut créé à Oran en 1849. Danielle Pister  parlera aussi de Camille Saint-Saëns qui fut la seule figure musicale importante de l'Algérie française (elle lui inspirera sa Suite algérienne et son concerto de piano L'Egyptien) le compositeur étant mort  à Alger en 1921. L'exposé sera accompagné d'extraits musicaux de cette époque.

 

 

 

 PATRICK  THIL : « L'OPERA DE QUAT' SOUS » DE KURT  WEILL  (29 mai)

Patrick Thil, membre d'honneur du Cercle Lyrique de Metz dont il est aussi le conseiller artistique,  a une formation de juriste et il est diplômé de l'Ecole supérieure de Commerce ainsi que diplômé de l'Ecole du Louvre à Paris. Directeur divisionnaire à la Direction générale des Impôts de Metz, il est ancien adjoint et vice-président délégué la Culture, et,   à présent, conseiller municipal, conseiller communautaire et  membre des commissions Cultures de la Ville de Metz et de Metz-Métropole (ex CA2M). Depuis une vingtaine d'années, Patrick Thil a fait, quasiment à chaque saison, des conférences pour le C.L.M. ainsi que d'autres conférences portant sur la littérature (exemple sur André Malraux pour l'année anniversaire de sa mort) ainsi que sur les rapports entre la culture et l'économie. 

Patrick Thil développera l'histoire de cette œuvre en un prologue et trois actes écrite sur un livret de Bertolt Brecht sous le titre « Die Dreigroschenoper » et qui est une adaptation libre du « Beggar's Opera » de John Gay, Kurt Weill en ayant composé la musique en 1928 l'œuvre ayant été créée à Berlin, au Theater am Schiffbauerdamm.  L'ouvrage y développe des notions comparatives entre l'art et la politique à partir des idées marxistes dans lesquelles puisèrent les auteurs. Dans cette transposition opératique que d'aucuns ont appelé un « contre-opéra », on y trouve le jugement acerbe porté sur la société bourgeoise au travers de personnages caricaturés (pseudo-mendiants, escrocs généreux,  prostituées sympathiques, etc...). Dans cet univers utopique et fantastique, on y retrouve les arguments utilisés dans « Mahagonny » des mêmes auteurs, dénonçant la corruption, la trahison, dans une vision ironique de la société politique. Quelque vingt pièces chantées selon la technique du chant parlé et plus précisément du « Singspiel », alternent avec des commentaires orchestraux qui soulignent les dialogues, mettant en exergue le commentaire idéologique, à l'image de ce que l'on pouvait trouver dans le « Wozzeck » d'Alban Berg. Les formes musicales vont du fox-trot au ragtime en passant par le shimmy dans une orchestration du type jazz-band. Des extraits musicaux illustreront la conférence de Patrick Thill.