Irina Arkhipova

Irina Arkhipova

 

 

 La grande mezzo-soprano russe Irina Arkhipova s'est éteinte à Moscou le 11 février dernier à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Elle fut d'abord étudiante en architecture avant de s'orienter vers le chant. Sa carrière débuta à Ekaterinbourg, dans l'Oural (Sverdlovsk, au temps de l'URSS, la cité où furent massacrés les Romanov, en 1918). A partir de 1956, elle devint un des piliers de la troupe du Théâtre Bolchoï à Moscou, avant de pouvoir chanter en Europe occidentale et aux Etats-Unis, à la faveur d'une amorce de détente dans les relations entre l'Est et l'Ouest.

Dotée d'une voix exceptionnelle, souvent comparée à Christa Ludwig, elle brillait aussi bien dans les répertoires italien et français que dans celui de son pays natal. Les lyricophiles français se souviennent de son incarnation de la sorcière Azucena dans Il Trovatore de Verdi, aux chorégies d'Orange, en 1972, face à la Leonora de Montserrat Caballé. Deux années auparavant, elle avait ébloui les mélomanes nancéiens dans ce même rôle, alors que Jean-Claude Riber inaugurait son mandat directorial à l'Opéra-Théâtre de la place Stanislas.

Une belle discographie rend pleinement justice à son art et nombreux documents enregistrés sur le vif en vidéo sont également disponibles.

Comme tous les grands interprètes soviétiques de sa génration,restés en URSS,  elle fut contrainte à servir au moins apparente, la propagande culturelle du régime. Elle fut  distinguée en 2005 par le Président Vladimir Poutine.

 

Jean-Pierre Pister