Elisabeth Söderström

Elisabeth Söderström.

 

La soprano suédoise, Elisabeth Söderström nous a quittés le 20 novembre dernier. Elle était née à Stockholm en 1927, d'une double ascendance russe et suédoise, comme son compatriote Nicolaï Gedda. Elle fit d'abord ses débuts dans le petit rôle féminin de Bastien et Bastienne, de Mozart, dans le charmant théâtre baroque attenant au palais royal de Drottingholm, le « Versailles suédois »,

 qui servit de décor à la La Flûte enchantée tournée par Ingmar Bergman et dont la cantatrice assurera la direction à partir de 1991.

 

La carrière d'Elisabeth Söderström s'est épanouie, d'abord, sur la scène de l'Opéra royal de Stockholm, ensuite, dans les plus grandes institutions lyriques internationales. Avec les Björling, Gedda, Nilson, Varnay, von Otter , elle fait partie de ces grands artistes suédois qui ont tant servi le chant et l'art lyrique, tout au du XXème  siècle.

Son legs discographique est remarquable par son éclectisme. Signalons, d'abord, son incarnation de la Marguerite de Gounod, captée sur le vif au MET de New York, en 1959, avec, dans le rôle de Faust, son compatriote, l'immense Jussi Björling. Une dizaine d'années plus tard, sa Mélisande, dirigée par Pierre Boulez au Covent Garden et captée par CBS Sony, a fait sensation. A marquer aussi d'une pierre blanche, des incursions dans Janacek, plus particulièrement, dans la série d'Opéras réalisés par Decca sous la direction de sir Charles Mackerras (Jenufa, L'Affaire Makropoulos...). Dans un tout autre domaine, sa participation à la meilleure version de la grandiose Missa Solemnis beethovenienne, dirigée par Otto Klemperer pour EMI en 1966, fit, justement, sensation.

Enfin, certains mélomanes messins se souviendront d'un concert de la grande époque l'ALAM, un temps, aujourd'hui,  bien révolu, hélas : cela se passait dans notre Opéra-Théâtre de Metz, en mai 1984. Elisabeth Söderström y interprétait des Lieder de Schubert, accompagnée, exceptionnellement sur un pianoforte d'époque, par le pianiste viennois Paul Badura-Skoda. Un souvenir particulièrement mémorable...

 

 

Jean-Pierre Pister