Cesare Siepi

CESARE SIEPI (1923-2010)

 

  

 

 Quelques semaines après la disparition de Giuseppe Taddei, l'Italie vient de perdre, de nouveau, un de ses plus éminents représentants dans le domaine du Bel Canto Masculin.

Cesare Siepi est en effet décédé, le 5 juillet dernier dans une clinique d’Atlanta (Géorgie-USA). Doté d'un très beau timbre de basse-chantante, il avait été reconnu très tôt comme un grand spécialiste des répertoires mozartien et verdien de la seconde moitié du vingtième siècle siècle.

Né à Milan en 1923, exact contemporain de la Callas, autodidacte de formation, il commence à peine une carrière professionnelle en pleine seconde guerre mondiale. Mais, comme ses compatriotes Tito Gobbi, Carlo Bergonzi et Giuseppe Taddei, il refuse de servir dans les armées fascistes. Il se réfugie donc en Suisse jusqu’à la fin de la guerre et sa carrière ne démarre véritablement qu’après 1945.

Il est alors acclamé à Milan et dans la plupart des grands théâtres italiens. Reconnu sur le plan international au tournant des années 50 tant en Europe qu'aux Etats-Unis, il est en engagé par Toscanini pour participer à une exécution mémorable du Requiem de Verdi en janvier 1951, au Carnegie Hall de New York, pour le cinquantième anniversaire de la mort du compositeur. Il est ensuite sollicité par l'opéra de Vienne ainsi que par le festival de Salzbourg pour participer aux plus remarquables distributions mozartiennes de l’époque. Il devient rapidement le Don Giovanni et le Figaro de référence des années 50 et du début des années 60, sous des baguettes aussi éminentes que celles de Wilhelm Furtwängler, Dimitri Mitropoulos, Josef Krips, Erich Kleiber

Très recherché également comme grande basse verdienne - Philippe II dans Don Carlos, Padre Guardiano dans La Forza del Dstino-, applaudi également dans Mephisto du Faust de Gounod il aborde, dans la dernière partie de sa carrière des répertoires moins « latins » puisqu’on le trouve aussi bien distribué dans Moussorgski que dans Wagner.

Comme beaucoup de ses compatriotes, Siepi fut particulièrement prisé aux Etats-Unis et se risqua même, comme plusieurs de ses confrères, à se produire dans des films de divertissement et des émissions de variété à la télévision. Il fut une des grandes vedettes du MET de New-York, dans dix-huit rôles différents, au cours de vingt-trois saisons. C’est là qu’il fit ses adieux à la scène, en 1994, en incarnant Oroveso dans Norma de Bellini.

Soyons reconnaissants à Cesare Siepi de nous laisser un héritage discographique de premier plan.