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Georges Masson, président d'honneur du CLM, nous a quittés.

 

Nous apprenons avec émotion et tristesse la disparition, à l’âge de 88 ans, de notre ami et Président d’honneur du Cercle Lyrique de Metz, Georges Masson.


Georges Masson était, à tous égards, la « mémoire musicale de Metz ». Entré au Républicain Lorrain en 1950, successivement responsable de la rédaction de nuit puis directeur des agences, il avait acquis très tôt une grande notoriété par ses nombreux articles consacrés à la vie culturelle, plus de 12 000 en un demi-siècle, dont environ 6 000 comptes rendus de concerts et de représentations lyriques. Sa passion pour le théâtre et sa pratique du violon, apprise en partie au Conservatoire de Sarrebruck, le prédisposait à devenir un des meilleurs critiques musicaux de l’ensemble de l’hexagone. Il avait ainsi couvert, au fil des années, pour notre quotidien régional, des événements aussi considérables que la venue à Metz de Charles Munch et de l’Orchestre symphonique de Boston, à l’Hôtel des Mines de l’Avenue Foch, en 1952. Ce concert l’avait particulièrement marqué, il en parlait souvent à l’auteur de ces lignes.


La production « centenaire » de Pelléas et Mélisande, à l’Opéra-Théâtre dans les décors de Jean Cocteau, en 1962, les Journées de Musique contemporaine organisées à Metz dans les années 1970, constituent d’autres jalons importants dans la carrière de critique de Georges Masson qui avait eu, alors, l’opportunité d’interviewer Darius Milhaud lui-même. De même, toujours au cours de ces mêmes années 60-70, paraissaient régulièrement les recensions des prestigieux concerts de l’ALAM qui, sous l’égide de son président, le Pasteur Griesbeck, recevait alors des artistes aussi prestigieux que David Oïstrakh, Sviatoslav Richter, Arthur Rubinstein, Gyorgy Cziffra, Yehudi Menuhin, Carlo-Maria Giulini avec l’Orchestre de Paris, pour ne citer que quelques exemples.


Georges Masson suivit de près la création du Philharmonique de Lorraine, devenu en 2003 l’Orchestre National de Lorraine, sous les directions successives de Michel Tabachnik, Emmanuel Krivine, Jacques Houtmann, Jacques Lacombe, Jacques Mercier. Il fut naturellement présent à l’inauguration de l’Arsenal en présence de Rostropovitch, en février 1989. Il devait fonder en 2000 l’Orchestre de Chambre de Metz. Il présida notre Cercle Lyrique de 2008 à 2013 et fut, avec notre ami et président actuel, Jean-Pierre Vidit, la cheville ouvrière du colloque de son 30ème anniversaire, en novembre 2009, organisé autour de la thématique: Opéra des passions, Passion de l’opéra. En mars 2013, un second colloque était consacré au « lyrique léger » : opérettes, comédies musicales, zarzuelas…

 

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Georges Masson sur la scène de l'Opéra-Théâtre de Metz-Métropole lors du colloque du 30ème anivesaire du CLM


D’une facilité de plume déconcertante, Georges Masson fut autant un musicologue distingué qu’un grand critique. Il s’intéressa en priorité aux deux compositeurs nés à Metz, Ambroise Thomas et Gabriel Pierné, auxquels il consacra deux ouvrages de référence. Il suivit de près la résurrection, à l’Opéra-Théâtre, de deux œuvres oubliées d’Ambroise Thomas, Le Caïd puis Françoise de Rimini. A cette dernière occasion, en 2011, année du 200ème anniversaire de la naissance du compositeur, il fit venir dans notre ville son arrière-petit-neveu, le Professeur Pierre Ambroise-Thomas, membre de l’Académie de médecine. Le dimanche 19 novembre 2011, en présence de ce dernier, le foyer de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole était ainsi rebaptisé « Foyer Ambroise Thomas ».


En 2002, alors que l’on célébrait les 250 ans de ce même théâtre, le plus ancien de France construit en pierre, Georges Masson lui consacra un ouvrage de référence, réalisé avec le concours du CLM. Enfin il n’hésita point à s’essayer à la fiction avec un court roman particulièrement émouvant : Le Poète disparu. Sa dernière publication en 2014, réalisée avec Richard Bance, est un très beau volume consacré à l’Arsenal pour célébrer « les noces d’argent » de cette exceptionnelle salle de concerts dont Metz peut s’enorgueillir.


Les activités multiples de Georges Masson n’ont pas manqué d’être justement gratifiées. Membre de l’Académie de Metz et de l’Ordre de Saint-Michel, Georges Masson s’était vu remettre en 2007, par Jean-Marie Rausch, Maire de Metz, les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques. Enfin, en signe de reconnaissance, l’Opéra-Théâtre de Metz a donné, le 24 juin 2016, le nom de Georges Masson à une salle de répétition, à l’initiative de Paul-Emile Fourny, son directeur, et de Metz-Métropole.


Une grande voix messine, toujours d’humeur égale et d’une parfaite courtoisie, s’est tue. Mais la « mémoire musicale de Metz » qu’incarnait si bien Georges Masson n’est pas près de s’éteindre.


Jean-Pierre Pister
Vice-président du CLM